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Mali: l'ONU a du mal à faire des soldats ouest-africains des Casques bleus

29/05/2013 02:29 EDT | Actualisé 29/07/2013 05:12 EDT

L'ONU a des difficultés pour faire passer sous Casque bleu certaines des troupes ouest-africaines présentes au Mali, a reconnu mercredi un haut responsable des Nations unies, qui a néanmoins prédit que la Mission de l'ONU serait déployée dans les temps.

Mettre "au standard ONU" ces contingents ouest-africains -- en termes d'équipement, de formation ou de respect des droits de l'homme -- est "un grand défi", a estimé le patron des opérations de maintien de la paix de l'ONU Hervé Ladsous. "Cela varie de pays à pays, certains sont assez proches des standards ONU et pour d'autres il y a encore du travail", a-t-il noté lors d'une conférence de presse.

6.500 soldats africains, venus des pays d'Afrique de l'Ouest et du Tchad, se trouvent déjà au Mali au sein de la Misma (force panafricaine) et ils devraient être intégrés dans les quelque 12.600 Casques bleus de la Minusma (Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali) créée fin avril. Il faudra aussi trouver d'autres pays contributeurs pour compléter l'effectif et la Minusma ne commencera pas son déploiement, prévu le 1er juillet, qu'à effectif plein, selon des diplomates.

Pour que la Minusma puisse se déployer, il faudra aussi que la sécurité sur place le permette et il reviendra au Conseil de sécurité de l'ONU d'en décider quelques jours auparavant.

M. Ladsous a confirmé que cette décision serait prise "autour du 25 juin". Il a jugé qu'"aujourd'hui, la situation (au Mali) permettrait" un déploiement, tout en soulignant qu'il faudra examiner les conditions "de très près".

Interrogé sur l'intégration dans la Minusma de soldats tchadiens -- qui coopèrent actuellement avec la Misma sans en faire vraiment partie -- il a répondu que l'ONU "envisageait de de les prendre mais qu'il devront être impeccables sur le plan des droits de l'homme, en particulier en ce qui concerne les enfants-soldats". L'armée tchadienne a été accusée par l'ONU d'enrôler des enfants-soldats.

La France, qui est intervenue dans le nord du Mali contre des groupes armés islamistes en janvier dernier, espère pouvoir passer la main aux Casques bleus en juillet prochain pour stabiliser le pays, où des élections sont prévues à partir du 28 juillet. Mais des soldats français resteront dans la région pour prêter main forte à la Minusma le cas échéant et pour continuer à mener des opérations anti-terroristes.

avz

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