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La reddition de comptes excessive mine la mission des organismes communautaires

29/05/2013 04:14 EDT | Actualisé 29/07/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Les organismes communautaires auraient de plus en plus de mal à s'acquitter de leur mission en raison d'une demande croissante de reddition de comptes qui mobilise leurs ressources humaines dans une bureaucratie excessive.

Une étude réalisée par deux chercheurs de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS) auprès de 346 groupes communautaires conclut que les bailleurs de fonds, qu'il s'agisse des gouvernements ou des nouvelles fondations privées, ont de plus en plus tendance à s'inspirer d'une logique empruntée au secteur privé.

Ils traitent ainsi les groupes communautaires comme des sous-traitants en services sociaux en établissant des relations contractuelles qui, dans plusieurs cas, mettent ces organismes au service d'objectifs très précis qui ne correspondent pas toujours à leur mission de base.

Cette approche s'accompagne d'obligations de plus en plus lourdes en termes de reddition de comptes, au point où l'organisme passe davantage de temps à remplir de la paperasse qu'à servir sa clientèle. Les chercheurs donnent l'exemple d'une maison de jeunes où, sur cinq employés, trois sont désormais affectés à temps plein à la paperasse destinée à satisfaire les bailleurs de fonds, plutôt qu'à desservir la clientèle en besoin.

L'étude révèle que des groupes doivent changer leur mission en fonction des bailleurs de fonds et que certains bailleurs de fonds vont jusqu'à s'immiscer dans les instances décisionnelles pour faire modifier la direction des politiques.

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