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La lutte, le squash et le baseball se feront la lutte en vue des JO de 2020

29/05/2013 12:26 EDT | Actualisé 29/07/2013 05:12 EDT

SAINT-PÉTERSBOURG, Russie - Trois mois après avoir été éliminée du programme des Jeux olympiques de 2020, la lutte a eu droit à un sursis, mercredi, quand elle s'est retrouvée sur une courte liste de trois finalistes en vue d'une insertion aux JO qui auront lieu dans sept ans.

Les autres sports retenus pour l'instant sont le squash ainsi que le duo baseball-softball.

Huit sports étaient en lice pour la seule place disponible au sein du programme. Les cinq disciplines qui ont été éliminées sont le karaté, les sports à roulettes, l'escalade, la planche nautique et le wushu, un art martial chinois.

Le comité exécutif du CIO soumettra les candidatures de la lutte, du squash et du baseball-softball à l'assemblée complète du CIO afin que celle-ci décide, le 8 septembre à Buenos Aires, quel sport sera retenu. Cette décision sera alors finale.

«Le match n'est pas terminé, a commenté Nenad Lalovic, le président récemment élu de la Fédération internationale de lutte (FILA). Nous avons un deuxième match à livrer. Mais attention, nous sommes de bons combattants.»

«Nous sommes heureux et extrêmement soulagés que le comité exécutif du CIO ait voté pour retenir la lutte en vue du vote final en Argentine, a commenté Don Ryan, président de Lutte Canada. La communauté de la lutte a travaillé très fort depuis quatre mois pour en arriver au résultat d'aujourd'hui.»

Le retrait initialement annoncé en février de la lutte, un sport traditionnel dont les origines remontent aux Jeux olympiques de l'Antiquité, avait créé la surprise. La décision avait mené à un mouvement de protestation à l'échelle internationale, alors que les États-Unis, la Russie, l'Iran et d'autres pays se sont unis afin d'essayer de ramener ce sport dans le giron olympique.

La lutte, qui compte des épreuves gréco-romaines et de style libre, a fait l'objet de plusieurs changements depuis le rejet du CIO. Raphael Martinetti a remis sa démission à titre de président de la FILA et il a été remplacé par Lalovic, tandis que des femmes et des athlètes ont été intégrés au processus de décision et des modifications ont été apportées pour rendre la lutte plus attrayante.

On a notamment changé le format des matchs en y allant de deux périodes de trois minutes chacune au lieu de trois périodes de deux minutes. Par ailleurs, le score sera cumulatif alors qu'avant, il s'agissait d'un système trois-de-cinq.

«C'est sûr que les changements aux règles nous ont aidé, a noté Lalovic. Il aurait fallu le faire beaucoup plus tôt.»

La décision de retenir trois finalistes a été prise après que des représentants des huit fédérations sportives en lice aient chacun fait des présentations de 30 minutes à huis clos devant le comité exécutif du CIO. Les Canadiens Daniel Igali et Carol Huynh — tous deux des champions olympiques — ont fait partie de l'équipe de six personnes qui a animé la présentation pour la lutte.

L'exécutif a voté au moyen d'un scrutin secret à plusieurs tours. La lutte l'a emporté au premier tour avec huit des 14 votes exprimés.

Le baseball-softball a battu le karaté 9-5 lors d'un scrutin à confrontation directe pour obtenir sa place sur la liste des finalistes. Le squash a obtenu sa place lors du dernier tour, obtenant huit votes pour défaire le wushu (quatre votes) et l'escalade (deux).

«Nous savions que cela n'allait pas être une décision facile, mais j'ai le sentiment que mes collègues au sein du comité exécutif ont pris une bonne décision en sélectionnant le baseball-softball, le squash et la lutte pour être mis de l'avant à Buenos Aires, a déclaré le président du CIO, Jacques Rogge, dans un communiqué. Je souhaite aux trois sports retenus la meilleure des chances d'ici le scrutin du mois de septembre et j'aimerais remercier les autres sports pour leur travail acharné et leur dévouement.»

Le baseball masculin et le softball féminin, qui ne font plus partie du programme olympique depuis les JO de 2008 à Pékin, ont été fondus en une seule fédération afin d'améliorer leurs chances de revenir aux Jeux. Ces deux sports ont été retranchés par le CIO en 2005, devenant les premières disciplines à connaître un tel sort depuis le polo en 1936.

Le squash s'est quant à lui déclaré candidat à l'insertion au programme des Jeux pour la troisième fois.

L'ajout de la lutte dans la liste des sports candidats aux JO de 2020 n'a pas fait l'affaire des dirigeants d'autres sports. Si la lutte est réintégrée au programme en septembre, cela viendra contrecarrer le voeu initial du CIO d'ajouter un nouveau sport en 2020.

La décision du CIO, mercredi, a été observée de près par les trois villes candidates aux JO de 2020 — Istanbul, Madrid et Tokyo. Les responsables des comités de candidature sont présentement à Saint-Pétersbourg dans le but de faire des présentations, jeudi, dans le cadre du Congrès SportAccord. La lutte est particulièrement populaire en Turquie et au Japon.

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