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La Banque du Canada prévoit une plus forte croissance mais maintient son taux

29/05/2013 10:16 EDT | Actualisé 29/07/2013 05:12 EDT

OTTAWA - La Banque du Canada prévoit garder les taux d'intérêt à leur faible niveau actuel pendant encore un bon moment, même si elle avait de bonnes nouvelles pour son dernier rapport sous la gouvernance de Mark Carney: l'économie a affiché une meilleure performance que prévu pour le premier trimestre de 2013.

Comme prévu, la banque centrale a laissé son taux directeur à un pour cent, où il se trouve depuis septembre 2010, ce qui a permis de maintenir certaines des meilleures conditions d'emprunt jamais vues pour les consommateurs et les entreprises du pays.

En outre, la banque centrale continue d'indiquer aux marchés que la politique monétaire actuelle devrait rester en place pour encore un moment, après quoi les Canadiens devraient s'attendre à une modeste hausse des taux d'intérêt.

Certains analystes se demandaient si M. Carney, qui quittera l'institution canadienne samedi pour occuper le poste de gouverneur de la Banque d'Angleterre, ajusterait ses prévisions, mais la déclaration transmise mercredi a démontré que ce n'était pas le cas.

En bref, la banque affirme que l'économie canadienne a toujours besoin d'éléments de relance monétaire considérables pour garder sa tête hors de l'eau, compte tenu que les gouvernements offrent eux-mêmes peu de mesures de relance, que le marché de l'habitation est en déclin, que les cours des matières premières sont faibles, et que le secteur de l'exportation, même s'il prend du mieux, continue de souffrir de la vigueur du dollar canadien, de la faible demande et de la concurrence.

La banque centrale prédit que l'économie canadienne ne tournera pas à pleine capacité avant la mi-2015, moment à partir duquel certains économistes croient les Canadiens devraient s'attendre à voir les taux d'intérêt se normaliser.

L'année a mieux commencé que prévu, a noté mercredi la banque, qui avait prédit un rebond de 1,5 pour cent au premier trimestre pour faire suite à la stagnation de 0,6 pour cent du quatrième trimestre de 2012. En fait, elle mise maintenant sur une croissance encore plus forte.

Le dollar canadien a pris environ un quart de cent US après l'annonce de la banque, mais il restait malgré tout près d'un creux de 11 mois.

«Au Canada, les indicateurs économiques récents donnent à penser que la croissance a été plus forte au premier trimestre que la banque ne l’avait projeté en avril», a écrit la banque centrale, ce qui laisse croire qu'elle est plutôt en accord avec le consensus du secteur privé, qui parle d'une hausse de plus de deux pour cent.

Mais la banque a averti que le sprint du début 2013 ne changeait rien vis-à-vis du marathon qui attend l'économie.

«Pour l’ensemble de l’année, la croissance devrait être essentiellement conforme à la prévision de la banque énoncée dans le Rapport sur la politique monétaire (d'avril)», a indiqué l'institution. Sa prévision de croissance annuelle était alors de 1,5 pour cent.

«Au cours de la période de projection, les dépenses de consommation devraient progresser à une cadence modérée, les investissements des entreprises, croître solidement, et l’investissement résidentiel, diminuer encore par rapport aux niveaux historiquement élevés atteints précédemment.»

Les exportations continueront vraisemblablement à se redresser, «mais à être contenues par la demande étrangère modérée et les défis qui subsistent sur le plan de la compétitivité, y compris la vigueur persistante du dollar canadien».

Les perspectives de la Banque du Canada sont essentiellement conformes à la prévision de croissance de 1,4 pour cent émise mercredi par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour le pays. L'OCDE s'était montrée plus optimiste en novembre dernier, alors qu'elle entrevoyait une croissance de 1,8 pour cent au Canada pour l'ensemble de 2013.

La banque centrale canadienne s'est longtemps inquiétée sur l'impact à long terme que pourrait avoir une période prolongée de faibles taux d'intérêt, particulièrement si ceux-ci devaient engendrer une bulle immobilière et des montagnes de dettes pour les ménages, qui pourraient éprouver des difficultés lorsque les taux recommenceront à grimper.

Mais les circonstances semblent plutôt favorables. Le marché immobilier connaît une modération, la croissance de l'endettement des ménages ralentit et le niveau des dettes familiales se stabilise, même s'il n'a jamais été aussi élevé. En outre l'inflation devrait rester inoffensive pendant encore un certain temps.

«Compte tenu de tous ces facteurs (...) la détente monétaire considérable en place actuellement demeurera probablement appropriée pendant un certain temps, après quoi une réduction modeste sera probablement nécessaire, de façon à atteindre la cible d’inflation de deux pour cent», a conclu la banque.

Le nouveau gouverneur de la banque centrale, Stephen Poloz, qui entrera en poste le 3 juin, pourrait offrir une conclusion différente. Mais à moins que les conditions changent de façon importante, la plupart des analystes s'attendent à ce que l'ancien patron d'Exportation et développement Canada n'effectue pas de changement immédiatement.

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