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Des féministes manifestent les seins nus dans la capitale tunisienne

29/05/2013 01:18 EDT | Actualisé 29/07/2013 05:12 EDT
Getty Images
Three activists from the Femen feminist group, demonstrate in front of the justice Palace in Tunis, on May 29, 2013, before being arrested. The women, two French and the other German, shouted: 'Free Amina,' in reference to the young Tunisian woman imprisoned for protesting against hardline Islamists and awaiting trial for illegally possessing pepper spray. AFP PHOTO / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)

TUNIS, Tunisie - Trois militantes féministes étrangères se sont dénudées devant le ministère de la Justice à Tunis, mercredi, afin de protester contre la détention d'une membre tunisienne du mouvement FEMEN, attirant rapidement une foule de Tunisiens outrés avant d'être emmenées par la police.

Les trois femmes, une Allemande et deux Françaises, se sont approchées de l'entrée du ministère en portant des manteaux qu'elles ont aussitôt enlevés, révélant leur poitrine nue où étaient peints des slogans. Vêtues d'un simple short, les militantes ont scandé «Libérez Amina» et «Le printemps des femmes s'en vient», alors que des citoyens tentaient de les couvrir.

La Tunisienne Amina Tyler a scandalisé le pays en publiant sur Internet, en mars, des photos d'elle les seins nus. Sur son torse, elle avait écrit: «Mon corps m'appartient et n'est source d'honneur pour personne». Elle a ensuite été mise à l'abri par sa famille après que des musulmans conservateurs eurent proféré des menaces de mort.

La jeune femme de 19 ans a déclaré le mois dernier qu'elle voulait faire un autre coup d'éclat avant de quitter la Tunisie pour étudier le journalisme en France. Elle a été arrêté le 19 mai dans la ville religieuse de Kairouan, où un groupe musulman ultraconservateur voulait organiser une conférence avant que l'événement soit annulé par la police.

Amina Tyler a été accusé de possession d'un objet dangereux, apparemment une canette de gaz-poivre. Elle doit comparaître devant un juge jeudi.

Les manifestantes de mercredi ont grimpé sur la clôture entourant le ministère de la Justice, jusqu'à ce que des policiers les forcent à descendre pour les emmener à l'intérieur de l'édifice, tandis qu'une foule en colère, composée en majorité d'avocats venus travailler, se rassemblait autour.

«C'est contraire à notre religion», a déclaré Fatima Zahaouadi, une jeune femme portant la toge noire des avocats, mais sans foulard sur la tête. «Le fait que ces femmes enlèvent leurs vêtements pour défendre la liberté d'expression est contraire à notre religion et aux traditions arabo-musulmanes de la société tunisienne.»

La foule grandissante s'en est prise à des journalistes qui tentaient de couvrir l'événement, de même qu'à des avocats qui tentaient de protéger les journalistes. La police a arrêté plusieurs représentants des médias pour recueillir leurs déclarations en tant que témoins, avant de les libérer.

Le bureau du procureur a ensuite annoncé que les trois militantes avaient été emmenées dans un poste de police pour être interrogées avant leur mise en accusation. Les ambassades de France et d'Allemagne ont été informées de la situation.

Des avocats ont suggéré qu'elles pourraient être accusées d'atteinte à la morale publique ou de trouble à l'ordre public, ce qui pourrait leur valoir jusqu'à un an de prison.

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