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Alcool aux tables de jeu : les arguments de Loto-Québec

29/05/2013 03:20 EDT | Actualisé 28/07/2013 05:12 EDT

Afin d'attirer plus de clients, Loto-Québec demande l'autorisation de servir de l'alcool aux tables de jeu dans ses casinos.

Un texte de Pascal Poinlane

Le président et chef de la direction de Loto-Québec, Gérard Bibeau, a multiplié les arguments pour défendre cette approche devant les parlementaires réunis dans le cadre de la Commission de la santé et des services sociaux. La consultation particulière est un passage obligé pour abroger la disposition qui prohibe la vente, le service et la consommation de boissons alcooliques à l'intérieur des aires de jeux.

Les Québécois jouent ailleurs

D'entrée de jeu, le PDG de la société d'État a rappelé que le taux de fréquentation dans les quatre casinos de Loto-Québec est passé de 21 % à 17 % au cours des dernières années. D'après Gérard Bibeau, les joueurs vont davantage dans les casinos à l'extérieur du Québec, à quelques heures de route de Montréal. D'autres jouent dans des sites illégaux où l'encadrement est déficient. Gérard Bibeau s'est défendu de vouloir inciter les clients à boire et à jouer d'avantage. Loto-Québec souhaite plutôt attirer la clientèle perdue au fil des ans et en attirer une nouvelle, a-t-il dit.

Gérard Bibeau a expliqué que les clients peuvent déjà boire aux bars et restaurants des casinos, à quelques mètres parfois des aires de jeu. Les employés surveillent les joueurs en état d'ébriété. Dans certains cas, ils sont soumis à l'alcootest, a dit le PDG de Loto-Québec. S'ils dépassent la limite de 0,08, ils sont renvoyés chez eux en taxis ou en autobus, a dit M. Bibeau.

Gérard Bibeau répond aux questions des journalistes de l'Assemblée nationale :

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Des raisons financières

Loto-Québec a reçu le mandat d'augmenter les redevances à l'État québécois; de 40 millions de dollars l'an prochain. Questionné par les députés de l'opposition, le PDG a reconnu que le jeu en ligne a rapporté 30 millions de plus annuellement à Loto-Québec. Voilà des revenus supplémentaires moindres que les pertes essuyées au cours des dernières années, a expliqué le PDG.

Yves Bolduc doit justifier son argumentaire

Depuis que Loto-Québec a annoncé son intention d'introduire le service d'alcool aux tables dans les casinos, l'ancien ministre de la Santé, Yves Bolduc, accuse le gouvernement de mettre la santé des joueurs en péril pour des raisons financières, et que les agences de santé publique s'opposent à cette pratique. Or, le PDG de Loto-Québec a rappelé devant la commission qu'en 2010, le précédent gouvernenent avait autorisé le jeu en ligne à Loto-Québec, malgré l'opposition des agences de santé. Yves Bolduc a dû préciser sa position aux journalistes.

Un facteur de risque supplémentaire

Différents groupes qui oeuvrent auprès des joueurs compulsifs ont exprimé leur désaccord avec Loto-Québec. Pour eux, la consommation d'alcool est un facteur de risque supplémentaire au jeu pathologique. L'Association des centres de réadaptation en dépendance du Québec estime que les clients qui consomment de l'alcool ont tendance à miser davantage et à jouer plus longtemps. France Lecomte a expliqué que l'obligation de quitter la table de jeu pour consommer de l'alcool au bar permet aux joueurs de prendre une pause et de réfléchir aux sommes qu'ils dépensent.

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L'association note que depuis qu'il est interdit de fumer au casino, les joueurs doivent sortir pour la pause cigarette, ce qui a contribué à diminuer le jeu pathologique. Si Loto-Québec devait aller de l'avant avec l'alcool aux tables de jeu, l'association recommande qu'il y ait des intervenants spécialisés en dépendance dans les casinos.

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