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Syrie : des obstacles à la Conférence de paix

28/05/2013 08:53 EDT | Actualisé 28/07/2013 05:12 EDT

La décision de l'Union européenne de lever l'embargo sur les armes à destination de la Syrie ajoute un nouvel écueil à l'organisation de la Conférence de paix sur la Syrie qui doit se tenir à Genève en juin prochain.

Américains, Russes et Français s'entendent sur une chose : trouver une solution politique à la crise syrienne qui a fait 70 000 morts depuis 2011. La Conférence de paix sur la Syrie doit s'articuler autour du texte adopté par les grandes puissances lors de la conférence de Genève du 30 juin 2012. Cet accord prévoit la mise en place « par consentement mutuel » d'un « gouvernement de transition ayant les pleins pouvoirs ».

Washington et Moscou demeurent résolus à mettre en œuvre « les principes édictés à Genève », a déclaré le secrétaire d'État américain, John Kerry, à l'issue d'une rencontre avec son homologue russe Serguei Lavrov, lundi. Toutefois, l'absence de résolution sur le sort réservé au président syrien Bachar Al-Assad, bien qu'elle ait permis aux deux camps de s'entendre à Genève, empêche la mise en œuvre des principes qui y ont été énoncés.

Les questions en litige qui font l'objet de désaccords en prévision de la Conférence de paix sur la Syrie :

  • La composition des délégations des rebelles syriens,
  • La présence de l'Iran, souhaitée par Moscou,
  • La levée de l'embargo sur les armes à destination de la Syrie par l'Union européenne.

Les litiges en question

La formation des délégations provoque de nombreux désaccords. Tout d'abord, l'opposition syrienne refuse de négocier avec certains représentants du régime syrien impliqué dans la répression. Or, certaines personnalités récusées par les rebelles se retrouvent dans la délégation proposée par le gouvernement syrien à son allié russe. Quant aux rebelles, ils ne s'entendent pas sur la composition de leur propre délégation. Les divisions internes et les rivalités entre les parrains régionaux des diverses factions alimentent la dissension.

La présence de l'Iran pose également problème. Moscou souhaite la présence d'un autre allié du régime syrien alors que la France s'y oppose et que Washington la perçoit d'un mauvais œil. « Il faut faire très attention, car derrière le dossier syrien arrive la question du nucléaire iranien », a prévenu un haut responsable français qui craint que Téhéran monnaie son implication à la Conférence de paix contre des assouplissements des grandes puissances occidentales sur son programme nucléaire.

L'Iran était absent de la première conférence de Genève en 2012. Cette dernière rassemblait les cinq membres permanents du Conseil de sécurité - États-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne -, de même que des pays représentant la Ligue arabe, de la Turquie et de l'Union européenne.

Quant à la question des armes, elle divise tous les partis. Les rebelles estiment que la levée de l'embargo contre la Syrie par l'Union européenne constitue une mesure trop timide et tardive alors que la Russie juge que cette décision « porte un préjudice direct » aux efforts diplomatiques. De leur côté, les pays occidentaux déplorent la poursuite des livraisons d'armes des Russes au régime syrien.

Alors que Moscou estime que la levée de l'embargo européen constitue un facteur de déstabilisation de la région, les Russes voient la livraison de missiles sol-air S-300 comme une façon de stabiliser la région en dissuadant toute intervention en Syrie.

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