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Ouganda: la police occupe les locaux d'un quotidien depuis neuf jours

28/05/2013 08:33 EDT | Actualisé 28/07/2013 05:12 EDT

KAMPALA, Ouganda - La police ougandaise a arrêté au moins deux militants et utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser ceux qui dénonçaient la saisie par le gouvernement d'un quotidien qui a publié une lettre dans laquelle un général de l'armée évoque un complot visant à assurer que le fils du président lui succédera.

La police a investi les locaux du quotidien Daily Monitor il y a neuf jours. Les policiers ont indiqué qu'ils ne quitteront les lieux qu'après avoir obtenu copie de la lettre dans laquelle le général David Sejusa demande aux services de sécurité intérieure de faire enquête pour déterminer si ceux qui s'opposent à la montée politique du fils du président Yoweri Museveni risquent d'être assassinés.

Le leader d'un groupe militant qui a tenté d'organiser une manifestation devant les locaux du quotidien affirme que deux de ses membres ont été arrêtés par la police.

Le quotidien refuse systématiquement de remettre la lettre aux policiers, qui disent en avoir besoin pour mener à bien leur enquête. Le général Sejusa est accusé de s'être mêlé de politique, en dépit de règles qui interdisent aux officiers de participer à des activités partisanes.

Des groupes comme Human Rights Watch et Amnesty International ont aussi condamné l'intervention policière.

Le général Sejusa se trouve actuellement à Londres, où il serait sous la protection de la police britannique. Il n'aurait aucune intention de rentrer en Ouganda pour l'instant.

Le président Museveni est au pouvoir depuis près de 30 ans. Son fils, Muhoozi Kainerubaga, détient le rang de brigadier et contrôle les forces spéciales du pays. Il est notamment responsable de la protection du président et d'infrastructures comme les champs pétrolifères.

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