POLITIQUE

Jugement sur la prière: confusion et retour en arrière selon Gérard Bouchard

28/05/2013 09:43 EDT | Actualisé 28/07/2013 05:12 EDT
Radio-Canada

L'ex-coprésident de la commission Bouchard-Taylor estime que le jugement sur la prière à Saguenay sème la confusion et ramène le Québec en arrière. Gérard Bouchard critique vertement le jugement rendu par la Cour d'appel dans la cause qui opposait la Ville de Saguenay au Mouvement laïque québécois.

Dans une entrevue à l'émission 24 heures en 60 minutes, Gérard Bouchard découpe l'argumentaire du jugement qu'il estime contradictoire et confus.

Le jugement décrète qu'il ne s'agit pas d'une prière mais d'un énoncé qui ne place pas les conseillers municipaux sous l'influence d'une religion.

« C'est difficile à croire quand on se rappelle cette prière », s'exclame-t-il en lisant des extraits de la déclaration qui précède la séance mensuelle du conseil municipal de Saguenay.

« Comment croire que les conseillers ne sont pas sous l'influence d'une religion après avoir récité une déclaration comme celle-là? », s'exclame Gérard Bouchard.

Il questionne aussi le fait que le jugement parle d'un « énoncé de valeurs universelles ». 

« Mais depuis quand les énoncés de valeurs universelles se drapent-ils de religieux », dit l'auteur.

Gérard Bouchard s'inquiète de l'impact de la décision de la Cour d'appel.

Il ajoute que la définition du patrimoine dans le jugement ouvre la porte à tout le religieux. « Selon cette logique, on pourra réciter des messes à l'Assemblée nationale », affirme l'ex-coprésident de la commission Bouchard-Taylor.

Gérard Bouchard souhaite que la cause soit portée en appel, même s'il estime que le Mouvement laïque n'est pas le bon porte-parole dans cette affaire, puisqu'il « est aussi excessif que le maire Tremblay. »