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Soldat tué en pleine rue à Londres: la police arrête un dixième suspect

27/05/2013 07:35 EDT | Actualisé 27/07/2013 05:12 EDT

LONDRES - La police britannique a arrêté, lundi, un dixième suspect en lien avec le meurtre d'un soldat britannique en pleine rue à Londres, la semaine dernière.

Le suspect, un homme âgé de 50 ans, est détenu à Welling, dans l'est de la capitale britannique. Il est soupçonné de complot en vue de tuer le soldat Lee Rigby, a indiqué la police. Les autorités n'ont pas fourni plus de détails sur son identité.

Cette nouvelle arrestation est survenue le jour où environ 1000 partisans d'un groupe d'extrême droite ont manifesté à Londres pour dénoncer le meurtre. La manifestation a donné lieu à un affrontement avec un plus petit groupe de manifestants antifascistes. La police a arrêté 13 personnes, principalement soupçonnées d'avoir troublé l'ordre public.

La police détient déjà neuf autres suspects du meurtre du soldat, dont les deux principaux, qui ont été arrêtés mercredi sur les lieux du drame. Michael Adebolajo, 28 ans, et Michael Adebolawe, 22 ans, sont toujours hospitalisés sous surveillance policière dans deux établissements de Londres. Quatre autres hommes sont détenus dans un poste de police de la capitale.

D'après des témoins, le soldat Rigby marchait près de sa caserne, dans le sud-est de Londres, lorsqu'il a été renversé par un véhicule, avant d'être poignardé à plusieurs reprises avec des couteaux et des couperets de boucher.

La scène sordide a été enregistrée sur les téléphones cellulaires de plusieurs témoins. Dans une vidéo diffusée par des médias britanniques, on voit l'un des deux principaux suspects tenant un couteau et un couperet ensanglantés qui fait des déclarations politiques et qui menace de commettre d'autres attaques. Des musulmans conservateurs ont identifié l'homme dans la vidéo comme étant Michael Adebolajo, un citoyen britannique originaire du Nigeria qui s'est converti à l'islam il y a une dizaine d'années.

Les autorités britanniques affirment qu'elles connaissaient les deux principaux suspects depuis un certain temps, mais les révélations voulant que Michael Adebolajo ait été arrêté au Kenya en 2010 et que les services de renseignement britanniques ait tenté de le recruter ont fait naître des questions sur ce que les autorités auraient pu faire pour empêcher le meurtre de la semaine dernière.

Les autorités kényanes ont confirmé que Michael Adebolajo avait été arrêté au Kenya en 2010 avec cinq autres personnes, près de la frontière avec la Somalie. La police pense que le jeune homme s'apprêtait à se rendre en Somalie pour combattre aux côtés de la milice islamiste Al-Shabab.

Lundi, une organisation londonienne qui défend les suspects de terrorisme a affirmé que Michael Adebolajo et sa famille l'avaient contactée il y a environ six mois pour se plaindre du harcèlement de l'agence de renseignement intérieur britannique, le MI5.

Un assistant social qui a parlé avec Michael Adebolajo l'a trouvé «paranoïaque et erratique», selon l'organisation.

«Sa soeur a contacté notre bureau pour se plaindre du harcèlement constant du MI5, qui visait son frère, Michael, et aussi son père», a déclaré Moazzam Begg, de l'organisation CagePrisoners.

«Ils ont tous été contactés de différentes manières», a ajouté M. Begg lors d'une entrevue téléphonique avec l'Associated Press. «L'un des membres de la famille vivait et travaillait à l'étranger. Il a été contacté par le MI6 (l'agence britannique de renseignement étranger) à son travail et il s'est fait offrir de l'argent. Ils voulaient qu'il travaille pour eux.»

D'après M. Begg, Michael Adebolajo a déclaré à l'assistant social qu'il avait été torturé et menacé de viol lors de sa détention au Kenya, et qu'il avait été interrogé pendant des heures à son retour à Londres. Au départ, les autorités britanniques l'ont laissé aller, a expliqué M. Begg, mais en mars 2012, des responsables l'ont contacté pour lui offrir un emploi en tant qu'informateur. Michael Adebolajo a refusé, selon M. Begg.

Le meurtre du soldat à Londres a alimenté le sentiment antimusulman au Royaume-Uni. La police et des militants des droits de la personne ont signalé une hausse des crimes haineux, notamment des violences et des actes de vandalisme.

Une mosquée de Grimsby, dans le nord de l'Angleterre, a été visée dimanche soir par une attaque au cocktail Molotov, selon le président de l'établissement, Diler Gharib. La police a précisé avoir arrêté deux personnes en lien avec cet incident. Personne n'a été blessé.

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