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SNC-Lavalin offre l'amnistie à ses employés en échange de leur coopération

27/05/2013 09:01 EDT | Actualisé 27/07/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Dans la foulée de ses efforts pour se refaire une virginité, le groupe SNC-Lavalin (TSX:SNC) a annoncé lundi la mise en place d'un programme d'amnistie à l'échelle de l'entreprise pour encourager les employés actuels à signaler de possibles cas de corruption ou de pratiques anticoncurrentielles, auxquels ils pourraient avoir été mêlés directement ou indirectement.

«C'est important que nous fassions cela publiquement, afin que les gens réalisent l'impact de la mesure et peut-être qu'on pourra un jour servir de modèle pour d'autres entreprises», a expliqué Leslie Quinton, vice-présidente principale responsable des communications chez SNC-Lavalin, en entrevue avec La Presse Canadienne.

SNC-Lavalin affirme qu'il s'agit du premier programme d'amnistie instauré par une entreprise canadienne.

Afin d'être admissible à une amnistie, un employé doit déposer une demande auprès du chef de la conformité de SNC-Lavalin durant la période d'amnistie de 90 jours, entre le 3 juin et le 31 août 2013. Durant cette période, la compagnie assure qu'elle n'intentera aucune action en dommages-intérêts contre les employés qui collaborent pleinement et qui dénoncent franchement et volontairement toute infraction au code d'éthique et de conduite dans les affaires, et que ceux-ci ne seront pas congédiés unilatéralement.

Ce programme ne s'applique pas aux cadres du Bureau du président de la société ou de groupes du comité de gestion, ou à toute personne ayant profité directement d'une infraction aux règles d'éthique.

«En termes de leadership, c'est très important que la haute direction démontre une certaine responsabilité, a précisé Mme Quinton. Et on aimerait penser que la direction n'a pas besoin d'un programme d'amnistie pour déclarer s'ils ont trouvé quelque chose de répréhensible ou non.»

La porte-parole s'est bien défendue d'associer la démarche à une simple tentative de redorer le blason de l'entreprise.

«C'est très important que ceci ne soit pas un exercice en relations publiques. Nous avons véritablement réalisé de profondes améliorations dans notre façon de faire les choses», a-t-elle soutenu, revenant à l'idée de SNC-Lavalin comme modèle à suivre.

«Il n'y a aucune firme actuellement au Canada — et peut-être même à l'étranger dans notre domaine — qui a autant de programmes et procédures en place pour (lutter contre la corruption et la collusion). En termes de gouvernance nous sommes maintenant (...) probablement parmi les meilleurs au monde.»

Leslie Quinton affirme que les relations d'affaires n'ont pas été trop affectées avec les clients importants existants, mais elle reconnaît que l'entreprise est appelée à montrer patte blanche avec les nouveaux clients potentiels.

Cependant, du côté des anciens clients d'importance, SNC Lavalin s'apprête à se soumettre à un test majeur, celui de la Loi 1 du gouvernement Marois, surtout que l'octroi du contrat du mégachantier de l'échangeur Turcot sera bientôt en jeu.

«Il faut qu'on soit capables de démontrer que nous sommes capables de rencontrer tous les critères. Donc, si on est bannis ce sera autre chose mais on attend la décision», a déclaré Mme Quinton.

Malgré tout, elle affiche une certaine confiance lorsqu'elle amène la question sur le terrain de l'économie nationale. «Nous sommes persuadés qu'avec tout le progrès que nous avons fait, ce serait vraiment dommage de dire que nous ne sommes pas capables; si c'est pas nous autres, ce sera une firme étrangère. Est-ce qu'on veut encourager le savoir-faire québécois ou non?»

Or, le gouvernement Marois a clairement indiqué qu'il n'était pas question de laisser le nationalisme économique prendre le pas sur l'intégrité lorsque viendra le temps d'octroyer des contrats majeurs.

SNC-Lavalin est l'un des plus importants groupes d'ingénierie et de construction au monde, et un acteur majeur en matière de propriété d'infrastructures et de services d'exploitation et d'entretien. SNC-Lavalin a des bureaux dans tout le Canada et dans plus de 40 autres pays, et travaille actuellement dans une centaine de pays.

L'action de SNC-Lavalin à la Bourse de Toronto a progressé de 40 cents, lundi, pour clôturer à 41,19 $.

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