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Québec s'en prend à Airbnb et aux gîtes illégaux alors que l'offre en ligne croît fortement

27/05/2013 03:11 EDT | Actualisé 27/07/2013 05:12 EDT
AirBnB

MONTRÉAL - Pour un maigre 40 $ la nuit, des gens visitant Montréal peuvent réserver une nuit dans un loft tendance et décoré d'oeuvres d'art situé non loin du Vieux-Port. Le propriétaire de l'appartement, Alan Ganev, dormira sur le canapé.

Doublez la somme, et M. Ganev passera plutôt la nuit chez sa copine, laissant les touristes profiter de son domicile.

Voilà deux des options offertes sur le site Internet Airbnb, une communauté numérique en croissance rapide qui offre des endroits où dormir à court terme dans des résidences ou des appartements un peu partout dans le monde. À Montréal seulement, plusieurs milliers d'offres sont ainsi présentées.

M. Ganev a accueilli plus de 60 personnes depuis un an et demi. Selon lui, les avantages vont bien au-delà du fait d'arrondir les fins de mois.

«J'ai pu rencontrer plusieurs personnes fantastiques de partout sur la planète, dit-il. J'établis vraiment une bonne connexion avec ces gens, et j'apprends beaucoup.»

Le gouvernement du Québec tente cependant de serrer la vis à ces aubergistes du dimanche.

Selon une porte-parole de Tourisme Québec, la province enquête sur 2000 personnes qui louent leur résidence pour des séjours à court terme, sans disposer de permis. Des inspecteurs gouvernementaux effectuent même de fausses réservations pour dénicher les fautifs récidivistes, a déclaré Suzanne Asselin, lors d'une entrevue accordée à la station de radio 98,5 FM.

Les résidants n'ont pas le droit de publiciser ou de louer leur domicile sur une base régulière, pour moins de 31 jours, sans s'enregistrer et débourser des frais de 250 $.

«La loi et le règlement sur les établissements touristiques au Québec sont clairs sur le sujet», a-t-elle dit. Le but, a-t-elle poursuivi, est d'assurer la sécurité des touristes.

Le Québec n'est cependant pas la seule juridiction où des mesures ont été adoptées pour lutter contre ces locations domiciliaires.

Un juge new-yorkais a estimé la semaine dernière qu'un homme qui avait mis son logement à louer sur le site Airbnb avait violé la loi puisqu'il avait offert sa résidence pour moins de 30 jours et ne se trouvait pas chez lui pendant que le touriste l'occupait. Il s'est vu ordonner de payer une amende de 2400 $.

Des pénalités financières sont également prévues au Québec.

Lorsqu'interrogé à propos de la situation québécoise, un porte-parole d'Airbnb a référé La Presse Canadienne à une déclaration publiée sur le site internet de l'entreprise, stipulant qu'il était «essentiel de comprendre le fonctionnement des lois dans votre ville». Nick Papas, le porte-parole, a précisé que le service n'éprouvait pas de difficultés dans les autres provinces.

Des groupes tels que l'Association des gîtes touristiques de Montréal font pression depuis des années sur le gouvernement pour que celui-ci sorte les griffes contre ce type de location de logements.

Pour le président Patryck Thenevard, l'industrie de l'hébergement souffre de cette multiplication des résidences offertes sur le «marché noir». D'autant plus, dit-il, que les taxes, les frais d'assurance et le coût des permis rendent la compétition difficile.

Aux yeux d'Arun Sundararajan, professeur à la Stern School of Business de l'Université de New York, cette vague d'innovation et d'entreprenariat pourrait toutefois finir par être bénéfique pour les consommateurs.

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