POLITIQUE

Affaire Mike Duffy: l'opposition accuse Stephen Harper de se cacher

27/05/2013 04:49 EDT | Actualisé 27/07/2013 05:12 EDT
CP

OTTAWA - Alors que l'opposition accuse Stephen Harper de se cacher pour éviter de répondre de la controverse entourant le sénateur Mike Duffy, les conservateurs tentent de tirer leur épingle du jeu en se livrant à une contre-attaque en règles.

Le remboursement des allocations de logement de M. Duffy —qui a démissionné du caucus conservateur il y a deux semaines — a continué de dominer la période de questions lundi, malgré l'absence de Stephen Harper en Chambre.

Bien que le premier ministre assiste relativement rarement à la période des questions aux Communes le lundi, son absence a été remarquée par ses adversaires politiques qui l'ont aussitôt accusé de se cacher.

«Le fait qu’il se soit à nouveau défilé après s’être caché au Pérou la semaine dernière en dit long sur son incapacité et son manque de volonté de répondre à des questions claires», a tranché le chef néo-démocrate Thomas Mulcair.

Au bureau de M. Harper, on indique que le premier ministre a déjà répondu à des questions à ce sujet (lors de deux points de presse) et qu'il sera là mardi pour le faire à nouveau. Ce sera la première fois qu'il répondra en Chambre sur le sujet, puisqu'il était en voyage en Amérique du Sud la semaine dernière.

Son chef de cabinet Nigel Wright a démissionné le 19 mai, quatre jours après que son bureau eut dévoilé qu'il avait signé un chèque de 90 000 $ au sénateur Duffy, qui devait rembourser des allocations de logements injustifiées.

Et comme l'attaque est souvent la meilleure défense, les conservateurs ont profité de la controverse touchant le Sénat pour lancer des flèches à leurs adversaires politiques lundi. Répondant au nom du gouvernement, le ministre du Patrimoine James Moore a répliqué aux questions néo-démocrates et libérales en s'en prenant à ses adversaires.

Aux interrogations du chef du NPD, il a rappelé qu'on avait appris la semaine dernière qu'un de ses députés, Tyrone Benskin, devait près de 60 000 $ au fisc.

À celles du chef libéral Justin Trudeau, M. Moore en a profité pour critiquer ses propos sur le Sénat, à l'effet que sa composition actuelle avantageait le Québec. «Tous les Canadiens doivent être servis par les institutions nationales et le leader libéral devrait arrêter de semer la division sur ces sujets à répétition», a-t-il signalé.

Motion libérale

Le député libéral Scott Andrews, qui siège au comité de l'éthique, a quant à lui tenté de faire adopter une motion pour que soient appelés à témoigner en comité M. Harper, M. Wright, celui qui l'a remplacé, Ray Novak, ainsi que l'ancien conseiller légal du premier ministre, Benjamin Perrin.

Les députés conservateurs, majoritaires au comité, on demandé un huis clos, et la motion a finalement été rejetée.

«Encore une fois, les conservateur veulent faire du camouflage et s'opposent à des audiences publiques sur cet enjeu très important», a déploré M. Andrews à la sortie de la réunion.

Le Gendarmerie royale du Canada (GRC) étudie actuellement la possibilité d'ouvrir une enquête sur les dépenses réclamées par M. Duffy, ainsi que sur celles du sénateur indépendant Patrick Brazeau et du libéral Mac Harb.