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L'Union européenne lève l'embargo sur les armes destinées aux rebelles syriens

27/05/2013 02:33 EDT | Actualisé 27/07/2013 05:12 EDT

BRUXELLES - Les pays membres de l'Union européenne ont décidé de lever l'embargo sur le transfert d'armes à l'opposition syrienne, tout en maintenant les autres sanctions contre le régime du président Bachar el-Assad à partir du 1er juin, a annoncé lundi soir le chef de la diplomatie britannique.

Après une réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles, William Hague a déclaré que cette décision envoyait «un message fort de l'Europe au régime El-Assad».

La réunion, qui a duré toute la journée, a exposé les divisions entre les pays européens sur l'opportunité d'envoyer des armes dans un pays étranger, quelques mois après l'obtention du prix Nobel de la paix par l'Union européenne.

M. Hague a insisté sur le fait que le Royaume-Uni n'avait pas le «projet immédiat» d'envoyer des armes en Syrie. «Cela nous donne la flexibilité de réagir dans l'avenir si la situation continue de se détériorer», a-t-il dit.

Des diplomates américains et russes se sont par ailleurs rencontrés, lundi, pour tenter d'accélérer les efforts de paix en Syrie.

Après une tournée de huit jours au Moyen-Orient et en Afrique, le secrétaire d'État américain, John Kerry, s'est rendu à Paris pour rencontrer le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et échanger sur leurs efforts diplomatiques respectifs.

Des pourparlers de paix sont prévus le mois prochain à Genève. Les États-Unis et leurs alliés arabes font pression sur l'opposition syrienne divisée pour qu'elle participe aux discussions. La Russie promet pour sa part de faire en sorte que le régime de Bachar el-Assad y participe.

Mais rien n'indique pour l'instant que l'une ou l'autre des parties est prête à mettre un terme aux violences, qui ont fait plus de 70 000 morts depuis 2011.

Le ministre français des Affaires étrangères a déclaré, lundi, que de nouveaux indices laissaient croire à l'utilisation d'armes chimiques en Syrie.

En marge de la réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles, Laurent Fabius a affirmé qu'il y avait des «indications substantielles sur l'utilisation d'armes chimiques» en Syrie. Il a précisé que la France vérifiait ces informations plus en détail avec ses partenaires.

Sur le terrain, des hommes armés ont abattu lundi une journaliste d'une chaîne de télévision syrienne et ont blessés deux membres de son équipe. L'incident est survenu alors que l'équipe médiatique couvrait des affrontements près de la frontière avec le Liban, selon le gouvernement syrien.

Yara Abbas, une journaliste bien connue qui travaillait pour la chaîne gouvernementale Al-Ikhbariyah TV, a été attaquée par des rebelles près de la base aérienne de Dabaa, dans la province centrale de Homs, d'après le ministre syrien de l'Information, qui précise que le véhicule dans lequel elle se trouvait a été pris en embuscade.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme, une organisation de l'opposition établie à Londres, a rapporté des combats tôt lundi dans les régions de Qousseir et de Dabaa. Selon l'Observatoire, des soldats syriens, appuyés par des combattants du Hezbollah, ont pris le contrôle de la ville de Hamidiyeh, renforçant leur siège sur Qousseir.

Le Hezbollah a perdu 79 de ses hommes en Syrie depuis dix jours, tous dans la région de Qousseir sauf quatre, affirme l'Observatoire.

Selon l'organisation, des combats se sont aussi déroulés lundi à Damas et dans ses banlieues, ainsi que dans les provinces d'Alep, d'Idlib et de Daraa.

Les États-Unis, la Turquie et le Qatar ont par ailleurs demandé au Conseil des droits de l'homme de l'ONU d'organiser un débat d'urgence pour trouver une issue au conflit syrien et s'assurer que les responsables de la mort de milliers de personnes auront à répondre de leurs actes.

Le débat aura lieu mercredi, a indiqué le président du Conseil des droits de l'homme, Remigiusz Henczel. Il s'agira du premier débat d'urgence sur la Syrie au Conseil depuis plus d'un an.

Des négociations sont déjà en cours pour élaborer une résolution qui se concentrerait sur les combats à Qousseir.

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