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Le nombre de militants pro-démocratie arrêtés au Maroc augmente depuis 2011

27/05/2013 05:54 EDT | Actualisé 27/07/2013 05:12 EDT

RABAT, Maroc - Le principal groupe de défense des droits de la personne au Maroc affirme que les arrestations de militants pro-démocratie ont augmenté depuis l'adoption d'une nouvelle Constitution, en 2011.

Le Maroc se targue d'avoir résisté à la vague du Printemps arabe en adoptant des réformes et en amendant sa Constitution, mais des militants pro-démocratie affirment qu'au moins 70 membres du Mouvement du 20 février sont toujours en prison.

Les militants pro-démocratie sont souvent accusés de délits criminels, comme la possession de drogue, pour masquer leur militantisme, a déclaré Mohammed Sadkou, de l'Association marocaine des droits de l'homme, lors d'une conférence de presse lundi.

M. Sadkou a comparé la situation à celle qui prévalait en Tunisie sous le régime du dictateur Zine El Abidine Ben Ali, renversé par un soulèvement populaire en janvier 2011. À l'époque, le régime tunisien ciblait des militants politiques et leur imposait des accusations de nature criminelle pour les faire taire.

Le roi du Maroc, Mohammed VI, a apaisé la colère populaire en 2011 en amendant la Constitution pour donner plus de pouvoir aux élus, puis en organisant des élections anticipées qui ont été remportées par un parti islamiste.

Les militants du Mouvement du 20 février, nommé ainsi en mémoire du jour où leurs manifestations ont commencé en 2011, affirment que les réformes sont illusoires et que la corruption et le népotisme persistent dans le système politique.

Les militants ont tenté d'organiser des marches dans plusieurs villes du Maroc dimanche, mais ils ont été brutalement réprimés par la police. Au moins 23 personnes ont été blessées à Rabat seulement, dont des membres âgés de l'Association marocaine des droits de l'homme. Aucun militant n'a toutefois été arrêté.

Lors de la conférence de presse, l'avocate Naima El Guellaf a déclaré que le Maroc craignait de ternir son image réformatrice en emprisonnant des militants pro-démocratie, et que le gouvernement avait donc changé de tactique.

«Les autorités ont réalisé que ces procès nuisent à leur image en tant que pays qui respecte les droits de la personne, alors elles ont commencé à juger des militants dans le cadre de procès criminels», a-t-elle affirmé.

Driss Boutarda, un militant pro-démocratie connu pour ses costume créatifs lors des manifestations au Maroc, a déjà porté un costume rappelant la tenue du roi. Il a été arrêté en décembre 2012 et accusé de possession de drogue.

Un client de Me El Guellaf, Hamid Majdi, militant syndical dans la ville de Ouarzazate, a quant à lui été accusé de trafic de drogue, mais il a finalement été acquitté.

Dans une entrevue accordée en février à une chaîne de télévision française, le premier ministre marocain, Abdelilah Benkirane, avait assuré qu'il n'y avait aucun prisonnier politique au Maroc.

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