DIVERTISSEMENT

FTA : deux ans après Occupy, «What we are saying» (ENTREVUE/VIDÉO)

27/05/2013 02:29 EDT | Actualisé 27/05/2013 03:25 EDT
Courtoisie

En septembre 2011, le mouvement Occupy prenait naissance dans les rues de New York, dénonçant la puissance avec laquelle résonnaient les voix des plus riches (le fameux 1 %) au détriment du reste de la population. Près de deux ans plus tard, le FTA accueille les danseurs de Public Recording, qui se sont inspirés du vent de contestation pour créer What we are saying, présenté du 1er au 3 juin au Centre PHI.

Quatre ans après avoir visité le public du FTA avec /Dance/Songs/, la chorégraphe torontoise Ame Henderson et ses collaborateurs se questionnent sur la frontière tracée entre la scène et les spectateurs. Fascinée par le mouvement Occupy, qui laissait place aux points de vue multiples et qui a tenu tête aux autorités sans miser sur la présence d’un chef, la jeune femme a voulu trouver un moyen d’occuper un espace commun avec le public.

«Le mouvement était une expérience d’activisme politique localisée dans un espace public occupé par la population. J’ai voulu traduire leur modus operandi dans une performance, en me questionnant sur le sens du rassemblement, de la communication et des divergences d’opinions», explique la chorégraphe. «Occupy était du jamais vu. Le mouvement a survécu sans chercher à se canaliser en un seul message. C’était frustrant pour les médias et les gouvernements qui voulaient savoir ce qu’ils revendiquaient. Mais personne ne pouvait réduire leur cause à une seule idée.»

Interpellée par le philosophe Slavoj Žižek, qui a lancé devant des indignés que «nous n’avons pas les mots pour exprimer comment nous ne sommes pas libres», Ame Henderson est convaincue qu’elle ne danse pas pour combler son incapacité à prendre parole, mais plutôt pour démontrer à quel point le langage du corps et de l’esprit peuvent se fondre en un discours d’une puissance sans équivoque: «À mon avis, la force de communication des mouvements du corps est sous-évaluée. Pourtant, les gestes et les mouvements sont empreints d’empathie, d’énergie et d’universalité. J’avais envie de rassembler les codes du verbal et du non verbal, au lieu de les mettre en opposition. Les deux sont nécessaires pour nous apprendre à vivre ensemble.»

Dans cet esprit de rassemblement, la chorégraphe invite les spectateurs à se mêler aux artistes, dans un espace neutre où le quatrième mur n’existe pas. Elle a d’ailleurs expérimenté la réaction du public la semaine dernière, alors que la première mondiale de What we are saying était présentée à Toronto. «J’ai senti les gens très attentifs à ce que nous leur proposions. Nous ne leur demandons pas de participer directement, mais plutôt de créer quelque chose ensemble. Au lieu de conserver la dynamique habituelle où les artistes et les spectateurs sont séparés en deux groupes distincts, nous voulions créer une bulle d’intimité avec eux. Par expérience, je sais que la ligne entre la provocation et l’intérêt est très mince, mais nous voulions sincèrement que les spectateurs restent avec nous, et qu’ils se sentent bien.»

Pour plus d'informations, visitez le site du FTA.