POLITIQUE

Dons politiques: des contributions au fédéral suscitent des questions

27/05/2013 05:09 EDT | Actualisé 26/07/2013 05:12 EDT
RCQC

Alors que le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) scrute les dons politiques, des contributions effectuées à deux partis politiques fédéraux soulèvent des questions.

Une quarantaine d'associés d'une firme comptable québécoise ont contribué, au même moment, au Parti conservateur du Canada, au Parti libéral du Canada et à une association de circonscription conservatrice de l'Outaouais.

Une analyse des entrées d'argent sur le site d'Élections Canada démontre que le 28 décembre 2007, une cinquantaine d'associés du cabinet comptable Raymond Chabot Grant Thornton ont fait un don à l'Association conservatrice de Pontiac, qui était alors représentée par le député Lawrence Cannon. Aucun des associés de la firme ne provient de la région.

Le politicien a été élu député de Pontiac, en Outaouais, en 2006. Il est ensuite devenu ministre des Transports et de l'Infrastructure, et ministre responsable du Québec.

D'autres contributions

Puis, un an plus tard, le 31 décembre 2009, une quarantaine d'associés de la même firme contribuent alors au Parti conservateur du Canada. Le 28 février 2010, plusieurs de ces mêmes associés donnent, cette fois, au Parti libéral du Canada.

Selon le directeur de l'École d'études politiques à l'Université d'Ottawa, François Rocher, ces dons ne sont pas illégaux en soi, parce qu'ils proviennent de particuliers.

François Rocher rappelle toutefois que les dons d'entreprise sont interdits. « On peut se demander si tout cela s'inscrit dans une stratégie d'entreprise pour se faire remarquer de la part des partis politiques et éventuellement obtenir du fait de cette contribution significative des avantages. De ce point de vue là évidemment, ça contreviendrait aux principes et à l'esprit même de la loi électorale du Canada, » explique-t-il.

La direction de Raymond Chabot Grant Thornton n'a pas voulu commenter les dons de ses associés parce que, selon elle, ils sont de nature personnelle et n'ont rien à voir avec l'entreprise.

Mais, un associé du cabinet comptable nous a confié que les partenaires contribuent parfois en bloc à un parti pour faire connaître leur firme.

Au Québec, le DGE a ouvert des enquêtes après avoir révélé que plus de 500 entreprises s'adonnaient au financement sectoriel, c'est-à-dire que plusieurs de leurs employés financent des partis politiques. De son côté, Élections Canada n'a pas voulu dire si une telle vérification était en cours au fédéral.

D'après un reportage de Brigitte Bureau.