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Canada: contre la corruption, SNC-Lavalin offre une amnistie à ses employés

27/05/2013 10:45 EDT | Actualisé 27/07/2013 05:12 EDT

Secoué par une longue série de révélations sur la corruption en son sein, le géant canadien de l'ingénierie SNC-Lavalin a offert lundi d'amnistier ses employés ayant trempé dans de telles pratiques, à condition qu'ils les signalent sous 90 jours.

Les collaborateurs concernés doivent déposer entre le 3 juin et le 31 août, une demande auprès du chef de la conformité du groupe, qui veille au respect de la loi et de l'éthique.

En contre-partie, SNC-Lavalin "n'intentera aucune action en dommages-intérêts contre les employés qui collaborent pleinement et qui dénoncent franchement et volontairement toute infraction au Code d'éthique et de conduite dans les affaires, et que ceux-ci ne seront pas congédiés unilatéralement", indique un communiqué.

Cependant, cette possibilité n'est pas offerte aux cadres du bureau du président ou de groupes du comité de gestion ni à toute personne ayant profité directement d'une infraction aux règles d'éthique.

Selon SNC-Lavalin, il s'agit du premier programme du genre proposé par une entreprise canadienne.

Le groupe fait face à des multiples scandales et a été récemment objet de sanctions prises par la Banque mondiale.

Celle-ci a interdit à une branche de SNC-Lavalin et à une centaine de ses filiales de participer à ses projets pendant dix ans, pour avoir tenté de corrompre un haut responsable du Bangladesh en vue de construire un pont dans ce pays.

SNC-Lavalin est également soupçonné d'avoir versé quelque 160 millions de dollars à Saadi Kadhafi, un fils du colonel Kadhafi, pour sa contribution à l'obtention de contrats juteux en Libye, et d'avoir tenté de l'aider à entrer en fraude au Mexique après la chute du régime libyen fin 2011.

D'autres affaires, allant de la Libye à la Tunisie en passant par l'Algérie, et touchant aussi le Québec, n'ont pas encore eu de suites judiciaires. Elles ont entraîné la démission puis l'arrestation du numéro un de la société, Pierre Duhaime, et l'arrestation en Suisse de Riadh Ben Aïssa, ancien chef des opérations internationales de construction.

SNC-Lavalin a depuis pris des mesures pour améliorer sa réputation et a assuré vouloir coopérer pleinement avec la justice.

via/jl/nr

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