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Cambodge: le premier ministre réclame une loi sur la négation du génocide

27/05/2013 05:27 EDT | Actualisé 27/07/2013 05:12 EDT

PHNOM PENH, Cambodge - Le premier ministre cambodgien a déclaré lundi qu'il voulait faire adopter une loi pour punir ceux qui nient les atrocités survenues lors du régime des Khmers rouges, dans les années 1970, dans une apparente tentative de lier ses opposants à l'ex-régime honni.

L'appel lancé par Hun Sen survient à l'approche des élections du 28 juillet, que sont parti, le Parti du peuple cambodgien, devrait remporter par une imposante majorité. Hun Sen mène une campagne agressive et a suggéré à plusieurs reprises qu'une victoire de l'opposition reviendrait à ramener au pouvoir les Khmers rouges, même s'il n'y a aucun lien entre l'opposition et l'ancien régime.

Hun Sen, un dirigeant autoritaire élu, a lui-même été un cadre des Khmers rouges, et ses alliés politiques comprennent des personnes liées aux atrocités du régime communiste. Les Khmers rouges sont tenus responsable de la mort de quelque 1,7 million de personnes au Cambodge dans les années 1970.

Les médias pro-gouvernementaux ont publié des commentaires qui auraient été faits par Kem Sokha, vice-président du principal parti d'opposition. M. Sokha aurait déclaré que les objets exposés au musée du génocide de Tuol Sleng, à Phnom Penh, étaient faux, même si le chef du camp a déjà admis qu'il s'agissait d'un centre de torture des Khmers rouges et qu'il a été reconnu coupable par un tribunal soutenu par l'ONU.

La semaine dernière, le premier ministre a laissé entendre que le parti d'opposition partageait la philosophie du régime des Khmers rouges.

Lors d'un discours lundi pour l'inauguration d'un temple bouddhiste, Hun Sen a appelé à l'adoption d'une loi pour faire taire ceux qui nient qu'un génocide a eu lieu au Cambodge, et pour s'assurer que le mouvement des Khmers rouges ne puisse jamais revenir au pouvoir. Les hauts dirigeants des Khmers rouges encore vivants sont présentement détenus par l'ONU dans l'attente de leur procès pour génocide et d'autres crimes.

«Toute personne qui affirme qu'il n'y a pas eu de régime génocidaire des Khmers rouges au Cambodge doit être puni», a-t-il déclaré, en ajoutant que des lois semblables avaient été adoptées en Europe.

Plusieurs pays européens ont adopté des lois sur la négation de l'Holocauste, qui interdisent la diffusion de matériel cherchant à nier le génocide des juifs.

Le parti de Kem Sokha a publié un communiqué affirmant que les déclarations du premier ministre avaient des motivations politiques. M. Sokha assure que ses propos ont été déformés.

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