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Les Rolling Stones et le Canada : une association qui remonte à très loin

24/05/2013 09:11 EDT | Actualisé 26/07/2013 05:12 EDT
PC

TORONTO - Les Rolling Stones ont la réputation mondiale d'être l'un des plus grands groupes de rock de tous les temps, mais la relation particulièrement longue que le groupe a maintenue avec le Canada en a été une de satisfaction mutuelle.

Depuis le jour où le Canada a inauguré la première grande tournée nord-américaine des Stones, le pays a joué un rôle important dans la mythologie du groupe, et a été la source, à la fois, de hauts et de bas du groupe et de ses membres.

Albums légendaires, concerts secrets et scandales publics ont tous eu lieu en sol canadien, et ont contribué à la réputation plus vraie que nature du groupe britannique.

«Ils ont une relation très spéciale avec le Canada», explique John Einarson, historien de la musique rock, dans une entrevue téléphonique. «On peut dire qu'elle a oscillé entre le chaud et le froid.»

Le lien entre les Stones et le Canada remonte pratiquement jusqu'au début de leur carrière comme vedettes internationales.

Bien qu'ils avaient joué aux États-Unis au début des années 1960, M. Einarson mentionne que les Stones n'avaient pas lancé d'importantes tournées nord-américaine jusqu'au moment où les musiciens anglais issus de la «British Invasion» eurent gagné en popularité de l'autre côté de l'Atlantique.

rolling stones

Cette tournée a débuté à Montréal le 23 avril 1965, raconte M. Einarson, ajoutant que la partie canadienne était distincte en raison de sa diversité de scènes. Mick Jagger et ses collègues alternaient entre des concerts présentés à guichets fermés dans d'imposantes enceintes, et devant des foules entassées dans des parcs d'attractions ou des auditoriums du YMCA, précise-t-il.

Depuis, le Canada a fréquemment été inscrit à l'itinéraire des tournées des Stones, en plus d'être une destination habituelle pour les répétitions privées du groupe.

Toujours selon M. Einarson, les Stones ont un penchant pour réserver de petites salles sous de faux noms et offrir aux amateurs des concerts à l'improviste dans un contexte plus intime.

L'une de ces escapades s'est cependant transformée en l'un des moments les plus mouvementés de l'histoire du groupe.

Une visite à Toronto, en mars 1977, a donné naissance à l'un des albums en concert les plus vendus du groupe, tout en plongeant les Stones dans un scandale.

Deux concerts donnés au El Macambo ont fourni le quart du matériel de l'album «Love you Live», qui a été plaqué or aux États-Unis, et a atteint la troisième position du palmarès britannique.

Les spectacles ont cependant été éclipsés par la présence de Margaret Trudeau, épouse, à l'époque, du premier ministre Pierre Elliott Trudeau. Elle s'est accrochée au groupe pendant son passage au Canada, et se serait particulièrement rapprochée de Ronnie Wood, l'un des membres du groupe.

Le scandale s'est amplifié lorsque le guitariste Keith Richards a été arrêté par la Gendarmerie royale du Canada pour possession d'héroïne dans le but d'en faire le trafic.

Depuis cet événement, les Stones sont retournés à plusieurs reprises dans la région de Toronto, et y ont même produit un autre album en concert, «Light the Fuse».

L'un de leurs passages les plus connus remonte à 2003, lorsque le groupe a accepté de diriger les efforts pour relancer l'industrie touristique de Toronto, ravagée par l'épidémie de SRAS plus tôt la même année. Les Britanniques sont devenus l'une des principales prestations de Sarsstock, un gigantesque festival extérieur qui a également rassemblé d'autres légendes du rock comme AC/DC et Rush.

Les Stones effectueront deux arrêts à Toronto, histoire d'y livrer autant de concerts à guichets fermés au Centre Air Canada, le samedi 25 mai et le jeudi 6 juin.

Montréal ne sera cependant pas en reste, puisque les Britanniques s'installeront au Centre Bell le dimanche 9 juin.