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Le SCRS savait que le soldat Delisle était un espion, mais n'a pas informé la GRC

26/05/2013 03:56 EDT | Actualisé 25/07/2013 05:12 EDT

Les services secrets canadiens ont observé clandestinement un officier de la marine qui a transmis des informations secrètes à la Russie pendant des mois, mais sans en informer la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Il s'agit d'une opération qui n'était pas connue à ce jour, et qui soulève des questions quant à savoir si Jeffrey Delisle aurait pu être arrêté plus tôt.

La Presse Canadienne a appris que le Federal Bureau of Investigation (FBI) a avisé le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRC) des activités illicites que menait le soldat Delisle pour le compte de Moscou bien avant que la GRC ne commence son enquête, en décembre 2011. Les policiers fédéraux l'ont arrêté le mois suivant.

Le SCRS avait décidé de ne pas transmettre à la GRC son épais dossier sur Delisle.

L'agence de renseignement, qui a agi sur la base d'un avis juridique, a opté pour garder son enquête sous scellé par crainte de devoir exposer devant la cour les détails de ses échanges de renseignement de sécurité avec les États-Unis.

Dans un revirement bizarre, c'est finalement le FBI, plutôt que le SCRS, qui a envoyé une lettre à la GRC pour l'informer qu'un militaire canadien revendait aux Russes de l'information sensible, y compris des renseignements classifiés aux États-Unis.

La GRC a dû entreprendre sa propre enquête sur Delisle à partir de presque rien. Le délai a inquiété Washington parce qu'une importante quantité de secrets continuaient à être dévoilés par le militaire.

La Presse Canadienne

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