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Le Hezbollah visé par un tir de roquettes à Beyrouth

26/05/2013 04:59 EDT | Actualisé 25/07/2013 05:12 EDT

Deux roquettes se sont abattues dimanche matin sur un quartier du sud de Beyrouth contrôlé par le Hezbollah, faisant au moins quatre blessés, quelques heures après que le mouvement chiite libanais ait annoncé qu'il se battrait « jusqu'au bout » aux côtés des forces de Bachar Al-Assad en Syrie.

L'une des roquettes s'est abattue dans la cour d'un vendeur de voitures installé à un carrefour très fréquenté du quartier de Chiah. L'autre a frappé un appartement situé à 300 mètres de là.

Selon une source de la sécurité libanaise, trois lance-roquettes ont été découverts dans les collines dominant le sud-est de la capitale libanaise, à huit kilomètres environ des deux impacts. Un des engins n'a pas fonctionné.

Ces tirs de roquettes n'ont pas été revendiqués, mais selon toute vraisemblance, il s'agirait de la première attaque visant le Hezbollah à Beyrouth depuis le début de la crise en Syrie, en mars 2011. Une vague de violences entre factions rivales soutenant le régime syrien ou les insurgés a toutefois fait plus de 25 morts la semaine dernière à Tripoli, dans le nord du pays.

Un conflit qui s'étend

Le mouvement chiite libanais participe activement aux côtés des forces gouvernementales syriennes à la bataille pour le contrôle de la ville stratégique de Qousseir, près de la frontière libanaise.

Son chef, Hassan Nasrallah, l'a confirmé samedi soir ajoutant qu'il était prêt à accepter « tous les sacrifices et toutes les conséquences » de l'implication de son mouvement dans la guerre civile syrienne.

Dans son discours, prononcé à l'occasion du 13e anniversaire du retrait israélien du Sud-Liban, il a justifié l'engagement du « Parti de Dieu » aux côtés des forces de Bachar Al-Assad par la menace que font peser selon lui sur la Syrie et le Liban les extrémistes sunnites qui font partie de la rébellion.

Condamnations immédiates

Le ministre de l'Intérieur, Marwan Charbel, s'est immédiatement rendu sur les lieux, où il a dénoncé « un acte de sabotage visant à créer la zizanie ».

« On ne peut pas à ce stade accuser qui que ce soit. Nous espérons que ce qui se passe en Syrie ne va pas déborder chez nous au Liban et qu'il y a des gens censés qui comprennent que le Liban ne peut pas le supporter », a-t-il dit à des journalistes.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a également condamné ces violences lors d'une brève visite à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis.

« Nous n'avons pas tous les détails sur l'origine de tout cela, mais la France condamne très fermement les violences qui se sont produites au Liban », a déclaré M. Fabius à des journalistes.

Il a poursuivi en ajoutant qu'il fallait « éviter que la guerre en Syrie devienne la guerre au Liban ».

« Nous nous tenons aux côtés des populations civiles et des autorités libanaises », a-t-il encore assuré.

Laurent Fabius rencontrera lundi soir à Paris ses homologues américain John Kerry et russe Sergueï Lavrov dans le cadre des préparations de la conférence internationale sur la Syrie.

Vendredi, les États-Unis avaient eux aussi exprimé leur inquiétude de voir le Liban entraîné dans le conflit syrien.

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