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La Palme d'or à une passion brûlante entre deux jeunes femmes (PHOTOS/VIDÉO)

26/05/2013 04:18 EDT | Actualisé 26/07/2013 05:12 EDT

CANNES - Une passion brûlante entre deux jeunes femmes, La vie d'Adèle du Franco-tunisien Abdellatif Kechiche, a remporté dimanche la Palme d'or du 66e festival de Cannes, une première pour un film qui parle aussi ouvertement et crûment d'homosexualité.

La France, qui repart également avec le prix d'interprétation féminine pour Bérénice Bejo dans Le Passé, n'avait pas remporté la Palme d'or depuis 2008 pour Entre les murs de Laurent Cantet.

Juste avant d'annoncer le vainqueur, le réalisateur américain Steven Spielberg a expliqué que son jury avait décidé d'agir différemment "en honorant trois personnes pour le prix - Abdellatif Kechiche, Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux", qui sont montés ensemble sur scène où ils sont tombés dans les bras les uns des autres.

Interrogé après la cérémonie sur le choix du jury alors qu'une nouvelle manifestation de masse contre le mariage homosexuel a eu lieu le même jour à Paris, Steven Spielberg a répondu: "Ce n'est pas la politique qui nous a influencés mais le film".

Le poids lourd d'Hollywood a cependant précisé que La vie d'Adèle portait "un message important", lors de la conférence de presse qui a suivi.

"Je voudrais dédier ce prix, ce film à cette belle jeunesse de France (...) qui m'a beaucoup appris sur l'esprit de liberté et du vivre-ensemble", ainsi qu'à "une autre jeunesse (...) de la révolution tunisienne, pour leur aspiration à vivre eux aussi librement, s'exprimer librement et aimer librement", a déclaré Kechiche en recevant son prix.

Adapté librement d'une bande-dessinée "Le bleu est une couleur chaude" de Julie Maroh, La vie d'Adèle - chapitre 1 et 2 suit la naissance et l'évolution d'une passion absolue entre les deux personnages d'Adèle et d'Emma.

"Nous avons été privilégiés de voir ce film et non gênés", a poursuivi Spielberg, allusion aux scènes de sexe très crues du film.

Les deux actrices du film, très émues, ont remercié Abdellatif Kechiche. Adèle Exarchopoulos s'est adressée à sa partenaire pour la remercier "d'avoir été aussi généreuse avec moi (dans) ce film".

Auparavant, c'est une autre actrice, la Franco-Argentine Bérénice Bejo qui est montée sur scène afin de recevoir le prix d'interprétation féminine, offrant un joli moment d'émotion.

En larmes, elle a remercié le réalisateur du film, l'Iranien Asghar Farhadi en lui déclarant en anglais: "Asghar je t'aime tellement, j'aime tellement ce film".

Couronnée par un César pour son rôle de star du cinéma dans The Artist, Bérénice Bejo a connu une "success story" fulgurante depuis deux ans, qui se poursuit avec une récompense pour son rôle de mère déchirée entre son mari d'avec qui elle veut divorcer et son nouveau compagnon.

Pour le prix d'interprétation masculine, le jury a choisi d'honorer Bruce Dern, acteur de 76 ans, pour son rôle de vieil homme acariâtre dans le road-movie d'Alexander Payne Nebraska.

Les Américains Joel et Ethan Coen, qui avaient reçu la Palme d'or en 1991 pour Barton Fink, se sont vu attribuer le Grand prix pour Inside Llewyn Davis, racontant les tribulations d'un chanteur de folk dans le Greenwich Village des années 60.

La famille, un des thèmes centraux de la compétition officielle, a été encore récompensée avec le prix de la mise en scène au Mexicain Amat Escalante pour Heli, une oeuvre radicale sur le destin d'une famille confrontée à la violence.

Le Japonais Hirokazu Kore-Eda a reçu pour sa part le prix du jury pour Tel père, tel fils, réflexion profonde et sensible sur la paternité.

Enfin le Chinois Jia Zhangke s'est vu attribuer le prix du scénario pour A touch of sin(un soupçon de péché), sombre fresque épique qui montre la violence d'une société chinoise en plein boom économique minée par la corruption et la pauvreté .

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