Suède: les émeutes se propagent

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AFP

STOCKHOLM - Les émeutes ont fait tache d'huile dans la nuit de vendredi à samedi dans d'autres villes suédoises et ont continué pour la sixième nuit consécutive dans les quartiers pauvres à forte population étrangère à Stockholm, où la tension semblait s'atténuer.

Des véhicules et des bâtiments ont été incendiés dans les villes moyennes d'Uppsala, d'Oerebro et Linkoeping.

À Oerebro, à 160 kilomètres au nord de Stockholm, une école a été incendiée, ainsi que plusieurs véhicules. Un policier a été blessé par des jets de pierres et un commissariat a été vandalisé, selon la police.

À Linkoeping, à 235 km de la capitale, des voitures ont été brûlées, ainsi qu'une crèche et une école primaire, tandis qu'à Uppsala, à 70 km de Stockholm, une école et une voiture ont été incendiées et une pharmacie mise à sac.

Pour le porte-parole de la police d'Oerebro, il s'agit "de personnes qui profitent de la situation à Stockholm pour commettre ces délits et recevoir un peu d'attention".

Les pompiers ont fait état de 30 à 40 incidents dans la banlieue de la capitale suédoise au cours de la nuit, soit bien moins que les 70 recensés dans la nuit de jeudi à vendredi et 90 la nuit précédente.

"La nuit dernière a été la plus calme que nous avons connu" depuis le début des émeutes, a souligné Kjell Lindgren, porte-parole de la police de Stockholm.

Les renforts policiers en provenance de Göteborg et Malmö - deuxième et troisième ville du pays, qui ont toutes deux connues des émeutes lors de la décennie passée -, et des patrouilles citoyennes ont contribué à faire baisser la tension, a estimé Kjell Lindgren.

La police a arrêté une personne pour tentative d'agression et 20 autres ont été brièvement arrêtées puis relâchées pour perturbations de l'ordre public, a ajouté le porte-parole.

Un jeune homme affirmant avoir participé aux émeutes, et identifié par la radio publique SR sous le pseudonyme de Kim, a dit avoir agi par révolte contre le chômage et le racisme touchant ces quartiers, comme celui de Husby.

"On a brûlé des voitures, jeté des pierres sur la police, sur les voitures de police. Mais c'est une bonne chose, parce que maintenant les gens savent où est Husby (...) C'est la seule manière de se faire entendre", a-t-il déclaré.

Ces violences ont provoqué un débat en Suède sur l'intégration des immigrés, qui représentent environ 15% de la population, se concentrent dans les quartiers pauvres des grandes villes du pays et connaissent un taux de chômage plus important que le reste de la population. À Husby, il atteignait ainsi 8,8% en 2012, contre 3,6% à Stockholm.

À l'étranger, elles ont remis en cause l'image pacifique et égalitaire de la société suédoise.

Les troubles auraient pour origine la mort à Husby, un quartier défavorisé de la capitale, d'un habitant âgé de 69 ans abattu par la police. La police a dit avoir été incapable de raisonner cet homme qui avait brandi une machette et a plaidé la légitime défense.

En raison de sa politique d'immigration libérale, la Suède est devenue ces dernières décennies l'une des premières destinations des immigrants en Europe, dont des ressortissants d'Irak, d'Afghanistan, de Somalie, des Balkans et récemment de Syrie.

De graves incidents avaient déjà eu lieu en 2010 à Rinkeby et en 2008 à Malmö, dans le sud, où un centre culturel islamique avait été fermé.