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Cannes retient son souffle

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PALME OR CANNES
AFP

CANNES - Cannes retientt son souffle dans l'attente du palmarès du 66e festival de Cannes, au terme d'une édition riche en histoires d'amour peu conventionnelles, dont une brûlante passion entre deux jeunes femmes, signée Abdellatif Kechiche, qui figurait parmi d'autres grands favoris dont les frères Coen.

La vie d'Adèle de Kechiche a provoqué un vrai choc sur la Croisette, tant la description des tourments de l'amour par le réalisateur français est traité de manière universelle, au-delà de toute question d'orientation sexuelle.

De même, les deux actrices du film Adèle Exarchopoulos, véritable révélation du festival, et Léa Seydoux, étoile montante du cinéma français, pourraient selon les professionnels attraper un prix d'interprétation.

Chez les hommes, l'Américain Michael Douglas, acteur viril s'il en est, figure lui aussi parmi les favoris du prix d'interprétation masculine pour son rôle de showman virtuose, 100% gay et roi du bling-bling pour Ma vie avec Liberace, pourquoi pas là encore avec son "compagnon" Matt Damon.

D'éventuelles récompenses pour ces deux films racontant l'amour et la séparation dans les couples homosexuels interviendraient au jour d'une nouvelle manifestation parisienne sous haute tension organisée dimanche par les anti-mariage gay.

Mais d'autres films de haute facture peuvent aussi séduire le jury composé notamment de l'actrice Nicole Kidman ou les réalisateurs oscarisé Ang Lee et "palmé" Cristian Mungiu, et présidé par Steven Spielberg.

Samedi soir sur le tapis rouge, le réalisateur américain s'est dit "très inspiré" par les films qu'il a vus.

Les professionnels français et étrangers ont beaucoup aimé au gré des 20 films en compétition Inside Llewyn Davis des frères Coen, palme d'Or en 1991 avec "Barton fink". S'ils obtenaient la Palme d'or, ils rejoindraient le club fermé des 6 réalisateurs l'ayant reçu deux fois.

Leur film raconte les tribulations d'un chanteur folk dans le Greenwich village des années 60.

Réunion matinale du jury

Dans ce match franco-américain, l'Asie pourrait jouer les trouble-fêtes entre le Japonais Tel père, tel fils, de Hirokazu Kore-Eda, auteur d'un film sensible autour de la paternité ou encore A touch of sin du Chinois Jia Zhangke, fresque épique dans une Chine où le développement économique provoque corruption et violence.

En embuscade encore, La grande bellezza de l'Italien Paolo Sorrentino, sur les doutes existentiels d'un roi mondain dans une Rome actuelle en pleine décadence morale ou l'Iranien Asghar Farhadi avec Le Passé, chronique d'une famille recomposée à la croisée des chemins.

Chez les acteurs, on surveillait l'Italien Toni Servillo (La grande bellezza), l'Américain Oscar Isaac (Inside Llewyn Davis), ou encore son compatriote Bruce Dern (Nebraska). À moins que le Français Mathieu Amalric, en lice dans deux films (Jimmy P.) et La Vénus à la fourrure, ne rafle la mise.

Chez les femmes, d'autres Françaises ont séduit la Croisette : Marion Cotillard (The immigrant) ou encore Bérénice Béjo dans Le Passé.

Dimanche, dans l'attente du palmarès les derniers pronostics allaient bon train, tricotant et détricotant tous les scénarios possibles. Car le règlement du festival est clair: un film "palmé" ne peut recevoir un autre prix.

Si La vie d'Adèle offrait un prix d'interprétation à l'une ou l'autre des actrices voire les deux, le film d'Abdellatif Kechiche ne pourrait obtenir la Palme d'or.

Le jury devrait se réunir autour de 9h00, heure locale dans une villa sur les hauteurs de Cannes, comme de tradition. Le président du Festival, Gilles Jacob, et le délégué général, Thierry Frémaux, les accompagnent tout au long des délibérations qui peuvent durer toute la journée.

"Ce n'est pas une simple formalité", aime à rappeler Thierry Frémaux, qui a la haute main sur la sélection finale des films en compétition.

Comme déjà vu par le passé, les dissensions ne sont pas rares au sein des jurys, faisant grimper le suspens.

À défaut de connaître avec certitude la Palme d'or 2013 qui succèdera à Amour de l'Autrichien Michael Haneke, on connaît le nom de l'actrice qui la remettra: la sculpturale Uma Thurman, muse de Quentin Tarantino, et ancien membre du jury en 2001.

Kim Novak, incarnation de la blonde hitchcockienne à laquelle un hommage a été rendu samedi soir, en remettra un autre au cours d'une cérémonie présentée, comme pour l'ouverture, par la Française Audrey Tautou.

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