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News Corp: la presse écrite divorce de la télévision et du cinéma le 28 juin

24/05/2013 10:55 EDT | Actualisé 24/07/2013 05:12 EDT

News Corp, le groupe de médias de Rupert Murdoch, a annoncé vendredi les derniers détails de l'opération qui va séparer ses activités de presse et d'édition, éclaboussées par un scandale d'écoutes illégales au Royaume-Uni, de celles plus rentables de télévision et de cinéma.

Le conseil d'administration du groupe a programmé la scission pour le 28 juin. Les actionnaires de News Corp recevront alors une action de la nouvelle société d'édition pour quatre titres détenus actuellement.

News Corp avait annoncé l'opération en milieu d'année dernière mais sans fixer de date précise, se contentant jusqu'alors d'indiquer qu'elle aurait lieu d'ici fin juin.

Les actionnaires doivent encore donner leur feu vert lors d'une assemblée générale le 11 juin, mais un vote négatif semble improbable.

"La scission va libérer la véritable valeur des deux sociétés et de leurs actifs distincts", en offrant "des opportunités stratégiques séparées" aux investisseurs et en permettant "une gestion plus ciblée" des deux branches, a commenté M. Murdoch vendredi.

Le nom News Corp sera conservé par la société réunissant l'éditeur Harper Collins et les journaux du groupe. Elle comprend des titres prestigieux comme le Wall Street Journal ou le Times de Londres, mais est fragilisée par le déclin structurel de la presse écrite et le scandale des écoutes illégales qui a provoqué en 2011 la fermeture du tabloïde News of the World, jusque-là plus gros tirage de la presse britannique.

Signe des difficultés persistantes dans cette branche, des pertes de valeur dans les activités d'édition australiennes et américaines vont occasionner une charge exceptionnelle de 1,2 à 1,4 milliard de dollars dans les comptes du quatrième trimestre clos fin juin, les derniers que le groupe publiera comme une seule société.

"Les défis structurels sont clairs", reconnaît la Deutsche Bank dans une note, soulignant toutefois que "la direction travaille avec diligence pour revitaliser" les activités.

L'Australien Robert Thomson, un proche de la famille Murdoch, doit prendre la direction générale de ce nouveau News Corp. Rupert Murdoch conservera la présidence du conseil d'administration.

Selon des indications fournies précédemment, cette société, qui affiche un chiffre d'affaires annuel d'environ 9 milliards de dollars mais est déficitaire, débutera son activité avec 2,6 milliards de dollars de liquidités, qui pourraient éventuellement lui servir pour des acquisitions. Un programme de rachat d'actions de 500 millions de dollars a aussi été annoncé vendredi, sans calendrier précis.

Les actifs nettement plus rentables dans la télévision (le réseau Fox, BSkyB) et les studios de cinéma 20th Century Fox, qui cumulent 23,5 milliards de chiffre d'affaires, prendront pour leur part le nom de 21st Century Fox. Rupert Murdoch compte en rester PDG.

News Corp a prévu par ailleurs des mesures "pour protéger ses actionnaires" contre des tentatives de prise de contrôle hostile d'une ou l'autre des deux nouvelles sociétés.

Si un acheteur met la main sur plus de 15% du capital sans l'aval du conseil d'administration concerné, ce dernier offrira de nouvelles actions aux actionnaires existants avec un rabais important par rapport au prix du marché. Cette "pilule empoisonnée" devrait renchérir et compliquer tout rachat hostile.

La dernière touche a enfin été mise vendredi à la composition des deux conseils d'administration. Parmi les arrivées notables figure, chez 21st Century Fox, Delphine Arnault, directrice générale adjointe de Christian Dior Couture et fille du milliardaire français Bernard Arnault, le patron de LVMH.

A la Bourse de New York, l'action News Corp a clôturé en hausse de 0,67% à 33,09 dollars.

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