POLITIQUE

Landry dit qu'il ne s'est pas senti la cible d'une tentative de corruption

24/05/2013 11:43 EDT | Actualisé 24/07/2013 05:12 EDT
Agence QMI

QUÉBEC - L'ancien premier ministre Bernard Landry a déclaré qu'il ne s'était pas senti la cible d'une tentative de corruption, lorsqu'il s'est fait offrir une enveloppe d'argent comptant à la fin des années 1970.

M. Landry a affirmé vendredi qu'il avait refusé l'offre, qui n'était assortie d'aucune demande particulière de la part du donateur qu'il n'a pas identifié.

En marge d'un congrès d'économistes, M. Landry a répété qu'après son élection en 1976 dans la circonscription de Fabre, à Laval, il n'avait pas jugé nécessaire d'aviser la police ou les autorités compétentes, puisqu'aucune contrepartie n'avait été exigée.

«Il ne pouvait pas violer une loi de financement des partis politiques, dans le temps, il n'y en avait pas», a-t-il raconté.

«Et il n'a pas fait de tentative de corruption. Il a dit: 'je vous félicite et je vous fais un cadeau', et il ne demande rien.»

Selon l'ex-premier ministre, la situation s'est ensuite dégradée à Laval, où l'ex-maire Gilles Vaillancourt a récemment été accusé de gangstérisme.

Après avoir exposé cette situation, lors d'une entrevue accordée l'an dernier mais diffusée cette semaine par Radio-Canada, M. Landry a rappelé que l'ancien premier ministre René Lévesque croyait avoir mis fin au financement occulte avec sa loi de 1977.

«Dix plus tard, des gens la contournaient par des prête-noms, a-t-il dit. Lévesque était honnête, il ne pouvait pas penser que les autres ne l'étaient pas, il s'était trompé.»

M. Landry a exprimé le souhait que la commission présidée par France Charbonneau servira à faire le ménage de manière définitive.

«La nature humaine étant ce qu'elle est, on est retombé dans les vieilles ornières, a-t-il dit. J'espère que cette fois là on prendra des précautions pour que ça ne se reproduise plus.»

Par ailleurs, M. Landry s'est porté à la défense de l'ancien ministre péquiste Guy Chevrette, dont le nom a été mentionné à la Commission Charbonneau.

M. Chevrette a été mis en cause par le témoin Gilles Cloutier, qui avait témoigné du fait qu'à l'époque où il travaillait pour la firme de génie-conseil Roche, il avait remis une somme d'argent à un ami de M. Chevrette, Gilles Beaulieu, pour pouvoir avoir accès à son bureau. Il était question d'une somme qui devait ultimement atteindre 100 000 $. Roche voulait obtenir un contrat de route dans Lanaudière.

«J'ai toujours pensé que c'était un honnête homme et ce que je l'ai entendu dire à la télévision me conforte dans cette thèse», a dit M. Landry, en faisant référence aux entrevues accordées par M. Chevrette.