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La résurgence du soccer allemand

24/05/2013 01:41 EDT | Actualisé 23/07/2013 05:12 EDT

Pour la première fois de l'histoire, deux clubs allemands s'affronteront en finale de la Ligue des champions, samedi. Quand le Borussia Dortmund et le Bayern Munich fouleront la pelouse du mythique stade Wembley, ce sera la confirmation du retour à l'avant-scène du soccer germanique, un retour sciemment orchestré.

Pour comprendre cette résurgence, il faut retrouver le creux de vague, survenu à l'Euro 2000. L'équipe nationale allemande se présente au tournoi européen dans une position favorable. On lui prédit une phase de groupe aisée; elle est opposée à la Roumanie, au Portugal et à l'Angleterre.

La balade dans le parc se transforme en traversée du désert. La Mannschaft ne marque qu'un but, perd ses trois matchs et est aussitôt éliminée.

La Fédération nationale de soccer entreprend une réforme majeure de laquelle elle se garde bien de déroger, même si la sélection nationale atteint la finale de la Coupe du monde 2002.

Elle crée le Talentförderprogramm. Par ce programme de promotion des talents, dans lequel elle a investi près de 1 milliard de dollars, elle implante 366 centres de repérage à travers le territoire.

« Ils ont regardé ce qui se faisait de mieux dans les autres pays. Ils ont pris le modèle de la France et l'ont amélioré », résume l'analyste Matthias Van Halst.

Quelque 13 ans plus tard, le résultat est probant. L'Allemagne regorge de surdoués âgés de moins de 25 ans.

Dans le camp du Dortmund, les meneurs s'appellent Mario Götze, 20 ans, Marco Reus, 23 ans, et Matts Hummels, 24 ans.

Le Bayern n'est pas en reste avec Toni Kroos et Thomas Müller, tous deux âgés de 23 ans.

Il faut également compter tous ceux qui s'épanouissent dans les autres clubs allemands et ailleurs en Europe, comme Mesut Özil, 24 ans, que le Real Madrid s'est dépêché d'acheter après qu'il s'est révélé à la planète à la Coupe du monde de 2010.

« Je me faisais une liste de noms. Il y en avait 11 ou 12 qui me venaient en tête. Il y a déjà une équipe complète là-dedans! Et ce qui est impressionnant, c'est qu'ils proviennent de partout, pas seulement des clubs de tête », poursuit Van Halst.

Le virage jeunesse est étroitement associé à l'exemplaire santé financière de la Bundesliga, dont les clubs doivent être détenus à majorité par des investisseurs locaux. Oubliez les riches propriétaires étrangers capables d'acheter des joueurs vedettes à coup de millions.

« Les propriétaires ont dû se tourner vers les jeunes pas seulement pour raisons sportives, mais aussi pour des raisons économiques. Leurs jeunes joueurs coûtaient moins cher que les vedettes internationales. Cela a permis aux jeunes de se développer. »

La résurgence du soccer allemand s'exprime au niveau des clubs et dans les grands tournois internationaux, même si les trophées se font attendre.

La Mannschaft a atteint la finale de l'Euro 2008 et la demi-finale à la Coupe du monde 2010 et à l'Euro 2012, tous des tournois remportés par la puissante équipe d'Espagne.

« Cette Ligue des champions illustre que l'Espagne descend et que l'Allemagne remonte », estime Van Halst.

Les deux clubs allemands ont terrassé le FC Barcelone et le Real Madrid, puissances espagnoles, en demi-finales.

« Une des suites logiques de ce qu'on voit cette année en Ligue des champions, ce serait que l'Allemagne atteigne une finale ou en tout cas soit la meilleure équipe européenne de la prochaine Coupe du monde et soit un des favoris pour remporter l'Euro en 2016. »

Le monde a jusqu'à 2014 pour apprendre à parler allemand. Pour la première répétition, rendez-vous samedi, au stade Wembley.

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