La justice parisienne a commencé vendredi 24 mai à juger Gérard Depardieu pour conduite en état d'ivresse, en l'absence du prévenu pris par un tournage en Tchétchénie. La présence de l'acteur n'était pas obligatoire pour que l'audience du tribunal correctionnel puisse se tenir. Seul son avocat, Me Eric de Caumont, s'est présenté devant le tribunal correctionnel, dont l'unique juge examinant l'affaire a déclaré Gérard Depardieu comme "domicilié actuellement en Belgique".

Me de Caumont n'a pas commenté l'absence de son célèbre client occupé par un tournage de film à Grozny (Tchétchénie), plaidant immédiatement ses arguments visant à faire annuler la procédure. Selon une journaliste de France Inter sur place, Me de Caumont a notamment plaidé la nullité des poursuites, car la garde à vue a été notifiée à Gérard Depardieu alors qu'il n'était pas "complètement dégrisé". Une version contestée par les policiers qui affirment que l'acteur était "conscient, lucide et apte à répondre" à ce moment là.

Par ailleurs, le conseil de Gérard Depardieu a estimé que le dossier était "biaisé, avec des erreurs", mettant an cause " la bonne utilisation de l'éthylomètre".



Concernant les faits, Me de Caumont a affirmé qu'il n'était pas possible de boire de l'alcool à bord d'un vol en provenance d'un pays musulman. Or, le jour de son accident, Gérard Depardieu revenait d'Ouzbékistan. L'acteur affirme ne pas avoir consommé d'alcool pendant le vol, mais qu'il a bu du champagne avant de prendre l'avion.

Une amende de 4000 euros ainsi qu'une suspension de permis de dix mois ont été requises contre Gérard Depardieu. Le tribunal correctionnel a fixé le rendu du jugement au 21 juin. La star du cinéma français encourait l'équivalent de 6 000$CA d'amende et une peine pouvant aller jusqu'à deux ans de prison pour avoir été contrôlé après une alcoolémie d'1,8 g par litre de sang, alors que le taux autorisé en France est limité à 0,5 g, après un accident de scooter sans gravité en novembre 2012.

L'acteur, qui a obtenu la nationalité russe en janvier, devait initialement comparaître en décembre dans le cadre d'une "comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité" (CRPC), une procédure simplifiée dite de "plaider coupable", dans laquelle la présence du prévenu est requise.

Son avocat l'avait excusé auprès des magistrats en expliquant qu'il était pris, déjà, par un tournage : celui du film d'Abel Ferrara sur l'affaire du Sofitel, dans lequel l'acteur incarne l'ancien patron du FMI Dominique Strauss-Kahn. Son absence répétée avait conduit au renvoi du dossier devant le tribunal correctionnel, qui avait ajourné l'affaire en avril pour des raisons de procédure.