MONTRÉAL - La faiblesse de la demande et des prix qui a forcé la filiale du titane de Rio Tinto à abandonner une expansion de 4 milliards $ menace maintenant des centaines d'emplois à son usine de Sorel-Tracy, en Montérégie, ont indiqué vendredi des représentants syndicaux.

À la suite d'une rencontre avec des dirigeants de l'entreprise, la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui représente les travailleurs de Rio Tinto, Fer et Titane, a dit craindre que de 230 à 400 emplois soient en péril.

Le président du syndicat, Jacques Boissonneau, estime que les licenciements exigés à l'usine de Sorel-Tracy sont injustifiés.

Même durant les récessions de 1982-83 et du début des années 1990, le nombre des mises à pied n'a jamais été aussi élevé, a fait remarquer le syndicat.

Sam Walsh, nouveau président et chef de la direction de Rio Tinto, cherche à réduire de 5 milliards $ les coûts du géant minier au cours des deux prochaines années.

M. Boissonneau a reconnu que le marché et les conditions économiques étaient moins favorables qu'auparavant, mais il a dit croire que la société cherchait avant tout à compenser la perte de valeur de 14 milliards $ subie l'an dernier, en grande partie à cause de l'acquisition d'Alcan.

La CSN prévoit qu'environ 75 postes seront éliminés d'ici septembre et que 155 autres suivront un an plus tard.

D'autres emplois pourraient être perdus en raison de la volonté de l'entreprise de faire des gains en matière de sous-traitance dans le cadre des négociations actuellement en cours, a ajouté le syndicat.

La filiale de Rio Tinto a indiqué avoir besoin de procéder à des mises à pied. Elle n'a cependant pas voulu confirmer le bien-fondé des spéculations syndicales.