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Terrorisme: le président Obama défend les frappes de drones à l'étranger

23/05/2013 12:57 EDT | Actualisé 23/07/2013 05:12 EDT

WASHINGTON - Le président Barack Obama a défendu jeudi les controversées frappes de drones menées par les États-Unis à l'étranger, affirmant qu'elles sont légales, efficaces et centrales dans la stratégie antiterroriste de son administration.

Le président a toutefois admis que les frappes ciblées n'étaient pas un «remède universel» et s'est dit hanté par la mort involontaire de civils dans ces opérations.

M. Obama a également annoncé une nouvelle tentative de fermer le centre de détention militaire de Guantanamo, à Cuba, qui inclut une levée du moratoire sur les transferts de prisonniers au Yémen. Mais la fermeture de la prison de Guantanamo exigera tout de même l'aide des républicains, qui sont réfractaires à l'idée de transférer certains détenus dans les prisons américaines et de les juger devant des tribunaux civils.

Barack Obama a présenté son discours comme une tentative de redéfinir la nature et l'étendue des menaces terroristes auxquelles les États-Unis font face, soulignant l'affaiblissement d'Al-Qaïda et la fin imminente de l'offensive américaine en Afghanistan.

«Ni moi ni aucun président ne peut promettre la défaite totale de la terreur», a déclaré le président lors de son discours à Washington. «Ce que nous pouvons faire et ce que nous devons faire, c'est de démanteler les réseaux qui représentent un danger direct, et diminuer la probabilité que de nouveaux groupes s'implantent, tout en maintenant les libertés et les idéaux que nous défendons.»

Depuis le début de son premier mandat, la stratégie antiterroriste du président Obama s'appuie de plus en plus sur le recours à des frappes aériennes menées par des avions espions sans pilote, en particulier au Pakistan et au Yémen. Ce programme hautement secret a suscité les critiques de certains élus du Congrès, qui s'interrogent sur son étendue et sa légalité.

Dans son discours public le plus détaillé sur le programme de drones, le président a défendu les frappes en affirmant qu'elles étaient efficaces et légales. Il a admis que les frappes provoquaient parfois la mort de civils, une conséquence qui a indisposé plusieurs pays où les États-Unis tentent de combattre le terrorisme.

«Pour moi et pour tous ceux qui font partie de ma chaîne de commandement, ces décès nous hanterons jusqu'à notre mort», a affirmé M. Obama. Avant toute frappe, a-t-il dit, «nous devons avoir la quasi certitude qu'aucun civil ne sera blessé ou tué. C'est la plus haute norme que nous pouvons appliquer.»

Avant son discours, le président a signé des «directives politiques présidentielles», qui visent à indiquer plus clairement au Congrès et au public les critères que les États-Unis appliquent avant de mener une frappe de drone.

Selon des responsables, ces directives dictent notamment de ne pas avoir recours aux frappes de drones quand un suspect peut être capturé, que ce soit par les États-Unis ou un gouvernement étranger, de s'appuyer sur les drones seulement quand une cible pose un danger «imminent», et de placer le programme de drones sous le contrôle de l'armée.

Néanmoins, la CIA devrait garder le contrôle du programme de drones au Yémen, de même que dans les régions tribales du Pakistan. L'armée américaine et la CIA travaillent côte à côte au Yémen: la CIA envoie ses drones dans le nord du pays à partir d'une base secrète en Arabie saoudite, tandis que l'armée envoie ses drones à partir d'une base à Djibouti.

Au Pakistan seulement, jusqu'à 3336 personnes ont été tués dans des frappes de drones depuis 2003, selon la New America Foundation, qui maintient une base de données sur les frappes.

Mercredi, à la veille du discours du président, l'administration Obama a révélé pour la première fois que quatre citoyens américains avaient été tués dans des frappes de drones secrètes à l'étranger depuis 2009.

Barack Obama a également réaffirmé sa promesse électorale de 2008 de fermer la prison de Guantanamo, où sont détenus certains suspects de terrorisme. Lever le moratoire sur le transfert de prisonniers vers le Yémen constitue un élément-clé de ce processus, puisque 30 des 56 prisonniers éligibles à un transfert sont Yéménites.

Le président a admis que le processus de fermeture de Guantanamo était difficile, mais a affirmé que «l'histoire jugera sévèrement cet aspect de notre lutte contre le terrorisme et ceux qui ont échoué à y mettre fin».

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