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L'ONU revoit encore à la baisse la croissance mondiale pour 2013 et 2014

23/05/2013 12:16 EDT | Actualisé 23/07/2013 05:12 EDT

Les Nations unies ont revu jeudi une nouvelle fois en baisse leurs prévisions de croissance mondiale, qui devrait atteindre 2,3% en 2013, au même niveau qu'en 2012, et passer à 3,1% en 2014 sous l'effet de la reprise américaine.

Dans une version révisée de son rapport intitulé "Situation et perpectives de l'économie mondiale en 2013", le département des Affaires économiques et sociales de l'ONU (DESA) souligne que "d'importantes incertitudes demeurent (..) qui pourraient faire déraper la reprise anémique de la croissance mondiale".

Outre la crise en zone euro, "qui reste un facteur de risque majeur", et les difficultés budgétaires aux Etats-Unis, il cite "de nouveaux risques à moyen terme", tels que "les effets potentiellement nuisibles" des mesures monétaires prises par le Japon pour doper son économie. La rapport mentionne à cet égard "la forte dépréciation du yen".

Le succès des mesures japonaises "reste incertain" mais l'ONU table désormais sur une croissance nippone à 1,3% en 2013 et 1,6% en 2014, des chiffres beaucoup plus optimistes que ses prévisions précédentes datant de décembre 2012 (0,6% en 2013 et 0,8% en 2014).

Selon la secrétaire générale adjointe de l'ONU pour le développement économique Shamshad Akhtar, la politique "audacieuse" du gouvernement japonais risque d'affaiblir sa capacité à contrôler sa dette et "d'entraîner des complications pour les économies émergentes" en Asie.

L'ONU n'a cessé de revoir à la baisse ses prévisions de croissance mondiale depuis un an: de 2,7 à 2,4 puis 2,3% pour 2013 et de 3,0 à 3,2 puis 3,1% pour 2014.

Le rapport note que, depuis la fin de l'an dernier, les principales économies ont pris des mesures pour limiter les risques systémiques et restaurer la confiance mais sans parvenir à améliorer de manière significative la croissance ni l'emploi.

Dans la zone euro, la croissance est ralentie par les programmes d'austérité et la faiblesse de l'offre de crédit. L'économie de la zone restera en récession en 2013 (-0,4%) et se redressera timidement en 2014 (+1,1%), prévoit le rapport.

Les perspectives sont meilleures aux Etats-Unis: Washington a évité le "mur budgétaire", la banque centrale américaine a maintenu sa politique accommodante et l'immobilier repart. D'où une croissance qui baisse légèrement en 2013 à 1,9% (contre 2,2% en 2012) pour se redresser l'année suivante à 2,6%. Mais les querelles entre élus républicains et démocrates ou un nouveau tour de vis budgétaire pourraient plomber ces pronostics, avertit le rapport.

Malgré une décélération depuis 2011, où elle s'établissait à 9,2%, la croissance chinoise devrait rester robuste, à 7,8% en 2013 et 7,7% en 2014. Mais si elle chutait à 5% --une hypothèse "qui ne peut être exclue", selon le rapport-- l'activité économique mondiale en subirait le contrecoup, surtout dans les pays en développement exportateurs de matières premières.

"L'emploi est toujours le principal défi dans un grand nombre d'économies au moment où la croissance mondiale reste atone", soulignent les auteurs du rapport. Ainsi le chômage dans la zone euro a atteint un record absolu de 12,1% en mars 2013 et devrait grimper à 12,8% en 2014, avec des extrêmes en Espagne (26,7%) et en Grèce (27,2%). Aux Etats-Unis, il a baissé mais reste historiquement élevé et devrait avoisiner les 7% en 2014.

avz/are

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