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Le virage de Barack Obama dans la lutte contre le terrorisme

23/05/2013 03:34 EDT | Actualisé 22/07/2013 05:12 EDT

Barack Obama a affirmé jeudi sa volonté de délaisser la stratégie de « guerre perpétuelle » en matière de lutte antiterroriste et a annoncé l'instauration de limites pour l'utilisation des drones à l'étranger. 

Le président américain a déclaré avoir signé un document précisant les circonstances dans lesquelles les États-Unis peuvent avoir recours à des frappes de drones à l'étranger. Ce document indique que les personnes visées par ces bombardements doivent représenter une menace « imminente » contre les Américains, et précise que ces actions ne peuvent avoir lieu que si le suspect en question ne peut pas être facilement capturé.

M. Obama a indiqué qu'il préfère capturer les terroristes, les interroger et, le cas échéant, les traduire en justice.

« Nous ne pouvons pas avoir recours à la force partout où s'enracine une idéologie radicale. Et en l'absence d'une stratégie qui réduirait l'extrémisme à la source, une guerre perpétuelle - via des drones, des commandos ou des déploiements militaires - serait perdue d'avance, et changerait le visage de notre pays », a-t-il assuré devant l'Université de défense nationale à Washington.

M. Obama a aussi annoncé qu'il allait lever le moratoire sur le transfert vers le Yémen de détenus de la prison de Guantanamo, tout en prévenant que les dossiers de ces prisonniers feraient l'objet d'un examen « au cas par cas ». Il a répété son intention de fermer la prison et de nommer un nouvel envoyé spécial pour superviser les transferts de prisonniers. Il a aussi appelé le Pentagone à désigner un site sur le sol américain où seraient organisés les procès militaires d'exception.

Une auditrice a interrompu le président à plusieurs reprises, réclamant la fermeture de la prison de Guantanamo. Le président, patient, a indiqué que les désaccords démontrent à quel point ce dossier est litigieux.

Il est par ailleurs revenu sur le cas d'Anwar Al-Aulaqi, au lendemain de l'aveu par son gouvernement qu'il était responsable de la mort de l'imam radical américano-yéménite dans un bombardement de drone au Yémen en septembre 2011.

« <INS>Mais lorsqu'un Américain part à l'étranger pour mener la guerre contre les États-Unis, et que ni les États-Unis, ni nos partenaires ne sont en position de le capturer avant qu'il ne mène à bien un complot, sa nationalité ne devrait pas le protéger, pas plus qu'un tireur isolé en train de faire feu sur la foule ne devrait être protégé d'un commando de la police<INS> », a-t-il ajouté.

 Des propos « d'un irréalisme incroyable » s'exclame John McCain

Le républicain John McCain n'a pas tardé à s'insurger contre le recadrage de la lutte au terrorisme du président. « Nous nous trouvons toujours dans un long et difficile conflit contre Al-Qaïda », a déclaré le sénateur républicain en ajoutant que les déclarations du président font preuve « d'un degré d'irréalisme incroyable ». « Al-Qaïda se développe partout au Moyen-Orient, du Mali au Yémen », a-t-il souligné.

Le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, le républicain Ed Royce, croit que le président sous-estime la menace d'Al-Qaïda et ses terroristes affiliés. « Ce n'est pas le moment d'abandonner les gros efforts que nous menons pour assurer la sécurité des Américains », a-t-il déclaré.

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