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La grippe H7N9 se transmet entre mammifères, difficilement chez les humains

23/05/2013 02:04 EDT | Actualisé 23/07/2013 05:12 EDT

Le nouveau virus de la grippe aviaire H7N9, apparu en Chine fin mars qui a déjà infecté 131 personnes dont 36 sont décédées, se transmet entre mammifères, selon une étude parue jeudi qui n'exclut pas cette possibilité entre humains dans certaines circonstances.

Jusqu'à présent aucune transmission de personne à personne nécessaire pour déclencher une pandémie n'a été constatée avec ce virus, qui infecte les volailles sans les rendre malades, soulignent ces virologues chinois.

Pour mieux comprendre cet agent pathogène et la probabilité d'une transmission entre humains, ils ont infecté des furets, --principal modèle animal pour la recherche sur la grippe humaine--, avec un virus H7N9 isolé dans un malade en Chine mort de l'infection.

Chez les furets inoculés, l'analyse des sécrétions nasales a montré que le virus avait infecté ces animaux vingt-quatre heures avant l'apparition de symptômes.

Ceci est une indication qu'il pourrait y avoir plus de personnes infectées avec le virus H7N9 que détectées et comptabilisées, souligne le Dr Yi Guan, du centre de recherche sur la grippe de l'Université de Hong Kong, un des co-auteurs de l'étude publiée en ligne dans la revue américaine Science.

En regroupant des furets infectés avec ceux qui ne l'étaient pas dans les mêmes cages et en maintenant d'autres de ces animaux sains séparés dans d'autres cages, ces chercheurs ont démontré que le virus s'était transmis aisément par contact direct mais difficilement par voie aérienne.

Seul un des trois furets a été infecté de cette manière, précisent les chercheurs.

L'analyse des principaux organes des furets, dont les symptômes étaient bénins, a aussi montré que le virus avait infecté leurs voies respiratoires supérieures et leurs bronches ainsi que leur système lymphatique et leur cerveau.

Les auteurs de cette expérience ont également réussi à infecter des porcs, un vecteur important de transmission des virus de la grippe. Mais ces animaux n'ont pas transmis le virus H7N9 à d'autres porcs ou à des furets sains, ont constaté les virologues.

Selon eux, "une transmission de H7N9 pourrait être possible entre humains dans certaines circonstances propices".

Pour le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), cette étude ne signifie pas que "nous faisons face à un plus grand danger de pandémie" même si "nous devons rester vigilants" au cas où le virus muterait pour devenir aisément transmissible.

Cette recherche "indique qu'un mammifère, un furet, peut par contact direct transmettre le virus H7N9, ce qui n'est pas une surprise", a-t-il déclaré à l'AFP.

Mais il relève également que les furets infectés ont difficilement transmis le virus par voie aérienne à d'autres furets.

"Ils ont aussi infecté des porcs mais ces porcs n'ont pas transmis l'infection et cet animal est plus proche de l'humain que ne l'est le furet", a aussi souligné le virologue.

"Si cette étude avait montré qu'un porc avait facilement infecté d'autres porcs j'aurais été plus inquiet et il n'y a eu aucune transmission entre ces animaux" dans cette recherche, a-t-il insisté.

Mais "tout virus de la grippe qui affecte les humains a le potentiel de devenir une menace de santé majeure", avait rappelé le 21 mai à Genève la directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Margaret Chan, pour qui "ce virus est une énigme, entourée de mystère".

La ministre chinoise de la Santé Li Bin avait souligné que le nombre des cas de grippe H7N9 avait nettement diminué grâce aux mesures de prévention et de contrôle, mais que l'inquiétude persistait en raison de la méconnaissance du virus.

Les chercheurs préparent un test de détection du virus et un vaccin, qui devrait être près pour des essais cliniques dans le courant de l'été.

js/are

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