DIVERTISSEMENT

Le FTA vise de nouveaux sommets avec sa programmation 2013 (VIDÉOS/PHOTOS)

21/03/2013 09:48 EDT | Actualisé 23/05/2013 11:52 EDT
Sylvio Arriola

Le Festival Transamériques de théâtre et de danse a dévoilé l’impressionnante programmation de sa septième édition, qui a lieu du 22 mai au 8 juin prochain.

Aux yeux de sa directrice, Marie-Hélène Falcon, l’honneur reçu la veille est une marque d’encouragement afin d’aller plus loin. «Il y a encore tellement à faire avec ce festival, tant à découvrir et à explorer. Je ne vois pas ça comme un signal que le festival plafonne, mais plutôt comme une incitation à foncer davantage.»

Habituée de faire le tour du monde afin de dénicher de nouvelles voix créatives qui tentent de se faire entendre dans le fracas de la pensée dominante, la directrice du FTA affirme être encore surprise par ce que les artistes de la planète ont à dire. En 2013, elle a d’ailleurs senti un profond désir de changer le monde. «À titre d’exemple, la troupe de théâtre Motus répondait l’an dernier à "Indignez-vous". Cette année, elle nous revient avec "Engagez-vous". Les membres de la troupe invitent les spectateurs à construire la scénographie avec eux, pour faire écho au futur de l’humanité qui est en train de se bâtir. D’un autre côté, la compagnie Public Recordings fait le choix de mélanger performeurs et spectateurs dans un même espace afin de réfléchir ensemble, dans un spectacle intitulé What are we saying

Parmi les autres propositions venues de l’étranger, notons la présence de la pièce Un ennemi du peuple, une œuvre du directeur de la Schaubühne berlinoise, Thomas Ostermeier, qui met en scène un drame municipal où l’éthique, le pouvoir, la corruption et le poids de la vérité sont disséqués.

La chorégraphe Robyn Orlin arrive en grande première au Canada afin de rendre hommage à la beauté dure de Johannesburg. Réputée pour ses critiques ludiques et explosives de la société sud-africaine, elle mêle rire et créativité afin de s’armer contre l’adversité.

Dana Michel présentera aux Montréalais une œuvre marginale à l’esthétique unique en tentant de détourner les stéréotypes associés à la communauté noire, dans Yellow Towel.

Le Français Xavier Le Roy, qui a marqué bien des spectateurs lors de son passage en 2001, revient dans la métropole afin transformer les membres du public en instruments, qu’il prendra plaisir à diriger.

La compagnie australienne Back to back theater, qui a l’habitude d’engager des comédiens atteints de déficience intellectuelle, se questionnera sur le pouvoir et la place de la différence dans une pièce où s’entremêlent les jeux politiques, l’humour et la poésie.

Les Québécois occuperont également une large place au FTA. Marie Chouinard improvisera de courtes danses chaque fois qu’un spectateur viendra lui chuchoter un sujet à l’oreille. Marie Brassard se lancera dans un poème scénique et musical sur les légendes anciennes et les mythologies contemporaines avec Trieste.

Christian Lapointe dirigera un fabuleux trio d’acteurs formé par Anne-Marie Cadieux, Marie-Thérèse Fortin et Jean Alibert. Dans L’homme atlantique (et la maladie de la mort), les trois interprètes évolueront dans une sorte de plateau de cinéma où la radicalité de Marguerite Duras sera mise à l’avant-plan. Lapointe se prononcera également avec Outrage au public, un spectacle où le sens de la représentation et la présence du public seront remis en question, alors qu’aucun interprète ne se présentera sur scène.

Avec La jeune-fille et la mort, Laurence Brunelle-Côté et Simon Drouin s’interrogeront quant à eux sur le concept de la «jeune-fillisation» du monde, un phénomène en vogue à cette époque de surconsommation et de séduction pathologique. Ginette Laurin et les danseurs de la troupe O Vertigo démontreront dans Khaos que l’action demeure la meilleure façon de vivre et de survivre.

Dans So Blue, Louise Lecavalier et Frédéric Tavernini mettront en commun leurs talents dans un spectacle où le périlleux dansera avec la démesure. De leurs côtés, le chorégraphe Frédéric Gravel et le dramaturge Étienne Lepage feront équipe afin de dénoncer les contradictions de notre société en paroles et en mouvements.

Notons également la présence de Daschund Un, une œuvre publique où de véritables chiens teckels joueront les rôles des 47 représentants des pays siégeant au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, afin de dresser un parallèle entre l’organisation mondiale et ces adorables petits chiens: grands de cœur, mais courts de pattes.

Avec un FTA doté d’une programmation aussi riche et diversifiée, Marie-Hélène Falcon suggère au public de tenter sa chance et d’aller un peu partout. «La charge d’émotion de chaque spectacle peut rejoindre n’importe qui qui a envie d’écouter. Il ne faut pas prendre les gens pour des nonos. Le FTA est pour tout le monde. On ne met pas à l’affiche des spectacles pour des catégories de personnes. Tout est accessible.»

Pour plus d'information, consultez le www.fta.qc.ca et voyez des extraits VIDÉOS des spectacles ci-dessous.

FTA 2013