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CPI: le Kenya plaide sa cause devant le Conseil de sécurité de l'ONU

23/05/2013 06:50 EDT | Actualisé 23/07/2013 05:12 EDT

Le Kenya a plaidé sa cause jeudi devant le Conseil de sécurité de l'ONU pour tenter d'obtenir la fin des poursuites engagées par la Cour pénale internationale (CPI) contre son président, Uhuru Kenyatta, et son vice-président, William Ruto.

Mais les membres occidentaux du Conseil ont fait valoir que celui-ci ne pouvait pas interférer avec la Cour et que les inculpés devaient se présenter devant la juridiction internationale, ont indiqué des diplomates.

"Nous avons demandé à ce qu'il soit mis fin à ces poursuites dès que possible", a expliqué l'ambassadeur kényan auprès de l'ONU, Macharia Kamau, après une réunion à huis-clos avec les 15 membres du Conseil.

"Il reste à déterminer comment cela sera fait et par qui mais il est clair que les poursuites doivent cesser car elles contreviennent à la paix et à la justice dans notre pays", a-t-il ajouté. "Si la Cour devait elle-même décider d'y mettre fin en raison de la fragilité des preuves, ce serait satisfaisant".

L'ambassadeur a affirmé que le Kenya, membre fondateur de la CPI, ne cherchait pas à "se soustraire" à la justice internationale.

Le président et le vice-président kényans sont poursuivis pour crimes contre l'humanité pour leur responsabilité présumée dans les terribles violences sur lesquelles avait débouché la précédente présidentielle, fin 2007, lors de laquelle ils appartenaient aux deux camps rivaux. Le procès de M. Kenyatta doit s'ouvrir le 9 juin à La Haye.

Le Kenya avait demandé officiellement l'abandon total des poursuites dans une lettre adressée début mai au Conseil. Selon des diplomates, il y a peu de chances que celui-ci accepte de s'immiscer dans les affaires de la CPI.

Selon le Statut de Rome, fondateur de la CPI, le Conseil peut contraindre la Cour à surseoir aux enquêtes et poursuites durant un an mais ne peut pas l'obliger à les abandonner définitivement.

Au cours de la réunion de jeudi, les membres européens du Conseil ainsi que les Etats-Unis, non membres de la CPI, ont affirmé que les dirigeants kényans devaient affronter leurs juges, ont indiqué des diplomates.

Le Rwanda, la Chine, la Russie et l'Azerbaïdjan, ainsi que le Maroc et le Pakistan se sont montrés, à des degrés divers, plus réceptifs aux arguments de Nairobi. Aucun de ces pays n'a adhéré à la CPI.

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