POLITIQUE

Enveloppes brunes à Laval: Bernard Landry approché

23/05/2013 04:06 EDT | Actualisé 22/07/2013 05:12 EDT
Caroline d'Astous

L'ancien premier ministre du Québec Bernard Landry et l'ancien député de l'Action démocratique du Québec (ADQ) François Gaudreau ont reçu des propositions d'aide douteuses à Laval il y a plusieurs années.

Bernard Landry a confié à notre équipe d'Enquête qu'il a refusé une enveloppe d'argent lorsqu'il était député de Fabre pour le Parti québécois, en 1976.

Lors d'une entrevue réalisée en juillet 2012, M. Landry a raconté qu'il avait reçu une offre étonnante au moment où il venait d'être élu. « Un personnage politique de Laval, qui n'avait rien à voir avec l'administration municipale, par ailleurs, est venu me voir avec une enveloppe », a expliqué Bernard Landry. « Il n'a pas donné de fins précises. Il a dit : "Je veux vous aider, dans votre politique. Voici des fonds." »

Joint au téléphone cette semaine, Bernard Landry a précisé : « Il a dit : "Je viens vous féliciter de votre élection, pis j'ai un petit cadeau pour vous". Il n'a pas dit : "Je veux que vous fassiez ceci ou cela". Il ne m'a rien demandé. Donc, il n'y avait rien de criminel. Ça n'aurait pas été correct pour moi de le dénoncer pour un crime qui n'existait pas. »

L'ancien premier ministre relate qu'il a immédiatement refusé l'enveloppe, sans même savoir quel montant elle contenait :

Bernard Landry en a parlé à des membres de son entourage, mais pas à la police : « Non, parce qu'il n'y a pas eu de proposition d'échange de services. Alors, c'est là que l'aspect répréhensible commence. Tu veux acheter quelque chose. Mais ce gars-là a été plus délicat. »

Il ajoute qu'en 1976, la loi sur le financement des partis politiques n'avait pas encore été adoptée.

Bernard Landry dit avoir reçu la confirmation que le cadeau qu'il avait refusé avait bel et bien abouti dans les coffres d'un organisme de bienfaisance.

Toujours cette semaine, il a soutenu ne pas se souvenir du nom de celui qui lui avait offert l'enveloppe. Par contre, M. Landry se rappelle qu'il « avait été un élu à Québec ou à Ottawa, mais il ne l'était plus [à l'époque] ».

En 2002 aussi

Pour sa part, l'ancien député adéquiste de Vimont François Gaudreau fait partie des dizaines de politiciens de Laval que la police a rencontrés depuis trois ans au sujet d'histoires d'enveloppes

Il dit n'en avoir jamais reçu, mais il se souvient d'avoir été approché par une personne qui voulait l'aider, à l'approche de l'élection de 2003. « Quelqu'un voulait me rencontrer, voulait me parler de la politique, il se disait résident », explique-t-il.

Il l'a rencontré dans un restaurant du boulevard des Laurentides. L'homme lui ayant proposé de travailler à sa réélection, François Gaudreau lui a demandé s'il souhaitait faire du bénévolat.

M. Gaudreau soutient qu'il a rejeté l'offre. « J'avais déjà une bonne équipe, j'étais entouré de gens sérieux, raconte-t-il. J'ai dit : "Écoutez, ça ne m'intéresse pas. J'ai déjà des gens qui font le travail, puis on verra à l'élection générale ce qui va arriver. Mais ce n'est pas la façon dont je veux travailler. Je ne vous connais pas et il n'est pas question que vous soyez dans mon environnement rapproché." »

Il ne se souvient pas de l'identité de l'homme et n'a pas senti le besoin de rapporter l'événement à la police. « J'étais néophyte, explique-t-il. Je trouvais que ça n'avait pas sa place, mais est-ce que c'était illégal? Comme je vous dis, on a tourné la page. »

François Gaudreau affirme qu'il n'en a jamais parlé à Mario Dumont, qui était alors le chef de l'ADQ.

Avec les informations de Gino Harel