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Avis d'ébullition : les Montréalais dans l'attente

23/05/2013 07:10 EDT | Actualisé 23/07/2013 05:12 EDT

Les Montréalais devraient savoir en fin de soirée si l'avis de faire bouillir l'eau pourra être levé. Pendant ce temps, la première ministre Pauline Marois félicite la Ville de Montréal pour sa gestion préventive du problème d'eau et assure suivre la situation de près.

Interrogée à ce sujet ce matin, elle a offert la pleine collaboration du gouvernement. « On leur a offert tous les services du gouvernement. Même la sécurité civile, si jamais il devait y avoir une situation plus risquée ou plus dangereuse, ce qui n'est pas le cas maintenant », a rassuré la première ministre.

De son côté, le ministre de la Santé, Réjean Hébert, assure que l'avis d'ébullition n'a pas de conséquences négatives sur la situation dans les hôpitaux et que toutes les chirurgies ont lieu comme prévu.

Les prochains résultats d'analyse de l'eau seront disponibles en fin de soirée, précise la directrice du service de l'eau de la Ville de Montréal, Chantal Morissette. Les derniers tests ont été réalisés hier soir et un délai de 24 heures est nécessaire avant de connaître les résultats des derniers échantillons prélevés.

L'avis, donné mercredi matin, avait initialement été lancé pour une période de 24 heures, puis il a été prolongé jusqu'à jeudi soir, mais la Ville dit désormais qu'il est d'une durée indéterminée.

Les résidents touchés par cet avis doivent faire bouillir l'eau au moins une minute avant de la consommer. L'avis touche 1,3 million de personnes sur un territoire qui couvre la majorité de l'île ainsi que la ville de Charlemagne.

L'avis concerne près d'un sixième de la population du Québec :

Arrondissements et les villes concernés

L'avis d'ébullition fait suite à un résultat de non-conformité après une opération de mise à niveau à l'usine Atwater de traitement de l'eau potable.

L'eau potable non bouillie peut toutefois être utilisée pour laver la vaisselle à l'eau chaude, en vous assurant de bien la sécher, laver les vêtements ou prendre une douche ou un bain, en surveillant les enfants pour ne pas qu'ils avalent d'eau.

Les fontaines d'eau ont été fermées ou condamnées dans les lieux de travail, les commerces, les écoles et les institutions. La Commission scolaire de Montréal a demandé aux parents de mettre une bouteille d'eau, une gourde d'eau bouillie, du jus ou du lait dans le sac de leur enfant, en vue de la journée de jeudi.

Le niveau d'eau a trop baissé

La station Atwater de traitement de l'eau potable effectue présentement des travaux qui nécessitent de baisser le niveau d'eau des bassins. Or, ce niveau a trop baissé, de telle sorte que les sédiments du fond se sont mêlés à l'eau potable.

Une usine de traitement de l'eau potable diffère d'une usine d'épuration qui, elle, traite les eaux usées de la ville avant de rejeter une eau « nettoyée » dans le fleuve.

Les tests pour vérifier le taux de coliformes fécaux et de bactéries, comme E. coli, ont lieu chaque mois. La Ville a fait ces tests mercredi matin, mais tout était réglementaire. Les autorités parlent de l'avis d'ébullition comme d'une « mesure préventive ».

Selon le professeur de génie à Polytechnique Raymond Desjardins, spécialiste de la distribution de l'eau potable, les risques d'infection sont minimes. « La Ville de Montréal puise son eau brute au centre du fleuve, à une grande profondeur, un endroit peu affecté parce que la pollution microbienne vient de l'activité humaine et se concentre le long des rives », explique-t-il.

Commerces et usines différemment affectés

Plusieurs commerces sont affectés par l'avis d'ébullition de l'eau. Plusieurs restaurateurs, par exemple, ont dû aviser leur clientèle qu'ils ne pouvaient plus servir de breuvages à base d'eau.

Les dentistes ont également été forcés d'annuler plusieurs rendez-vous, car leurs traitements se font avec de l'eau potable.

La compagnie Kraft, elle, a décidé d'interrompre la production à son usine de Mont-Royal. Elle dit que l'usine reprendra ses activités lorsque la situation sera réglée.

Par ailleurs, l'usine de fabrication de bière Molson, une des plus grandes consommatrices d'eau à Montréal, affirme qu'elle n'est pas touchée par la mesure puisqu'elle dispose elle-même de plusieurs procédés de contrôle et d'équipements de filtration de l'eau. Tous ses produits finis sont par ailleurs pasteurisés.

Le propriétaire du marché Laurier, Guy Allaire, note pour sa part que les ventes de bouteilles d'eau ont bondi dans son commerce. « Normalement, ce n'est pas vide comme ça le matin. Il n'y avait plus une bouteille d'eau sur les tablettes », dit-il. « Mon gérant a fait des appels pour essayer de trouver des fournisseurs pour de l'eau, mais on n'est pas les seuls », explique M. Allaire.

Du côté des chaînes de supermarchés, les prix des bouteilles d'eau ont été révisés à la baisse. Chez Loblaws, devant la demande accrue, la direction a décidé de prolonger une offre promotionnelle sur les caisses de 24 bouteilles. « Les gens nous demandaient si on allait augmenter les prix, mais c'est plutôt l'inverse », explique Hugues Mousseau, directeur aux affaires corporatives de Provigo, membre du groupe Loblaws.

Même chose chez Sobeys, où le prix des bouteilles est passé de 1,29 $ à 79 ¢ pour la période de l'avis. La chaîne a également envoyé de façon systématique deux palettes de 400 bouteilles d'eau en surplus à chacun de ses 30 magasins dans les secteurs touchés par l'avis.

Concernant l'approvisionnement en eau embouteillée, l'Agence de la Santé et des services sociaux de Montréal disait ce matin qu'elle s'assurerait que les différents fournisseurs disposent de réserves de bouteilles d'eau pour une période de 24 à 48 heures.

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