NOUVELLES

Weiner, l'ancien élu aux tweets infamants, brigue la mairie de New York

22/05/2013 10:56 EDT | Actualisé 22/07/2013 05:12 EDT

L'ancien représentant démocrate Anthony Weiner a annoncé mercredi qu'il était candidat à la mairie de New York, espérant "une deuxième chance" après un scandale de tweets sexuels qui l'avait contraint à quitter la politique en 2011.

Cette candidature improbable et tardive, alors qu'il reste une figure très controversée, a été annoncée par vidéo, curieusement au milieu de la nuit.

En bras de chemise, M. Weiner, 48 ans, s'y présente comme le candidat des classes moyennes, insiste sur son expérience au Congrès et reconnaît au passage avoir "fait de grosses erreurs. Je sais que j'ai déçu beaucoup de gens", reconnaît-il. "Mais j'ai appris de difficiles leçons (...) J'espère avoir une deuxième chance", ajoute-t-il dans ce film de deux minutes où il évoque aussi son enfance à Brooklyn.

M. Weiner, politicien roué, ancien conseiller municipal de New York (1992-1998), était un temps considéré comme bien placé pour succéder au maire Michael Bloomberg, qui terminera son troisième et dernier mandat en décembre.

Mais c'était avant qu'il ne fasse scandale il y a deux ans pour avoir envoyé par erreur sur Twitter une photo de son slip bombé en gros plan. Elle était en principe destinée à une étudiante qui le suivait sur le réseau social et qu'il n'avait jamais rencontrée.

Weiner, à l'époque représentant de l'Etat de New York au Congrès (1999-2011), avait d'abord menti, affirmant que son compte avait été piraté, avant de reconnaître en larmes, sous la pression, qu'il avait bien envoyé cette photo par erreur, et d'autres, à plusieurs jeunes femmes inconnues sur les réseaux sociaux.

Il avait annoncé sa démission le 16 juin 2011, d'autant qu'il était devenu un objet de risée nationale (son nom veut dire saucisse en anglais).

Sa candidature à la mairie de New York, un poste dont il rêve depuis des années, n'est pas une surprise. Depuis un mois, il avait donné plusieurs interviews, publié un programme en 64 points "pour que New York reste la capitale de la classe moyenne" et même rouvert un compte Twitter où il distille sagement -et sans photo- ses propositions.

Depuis deux ans, M. Weiner est devenu un consultant très bien payé, et sa tentative de rédemption politique a été accueillie avec scepticisme à New York, certains experts trouvant qu'elle intervient trop tôt, d'autres soulignant que les électeurs n'ont plus confiance en lui.

Elle promet d'être difficile: GMMB, le consultant qui l'a aidé durant presque toute sa carrière, ne travaillera pas sur sa campagne et plusieurs personnes qu'il souhaitait recruter ont refusé, selon le New York Times.

M. Weiner est marié à une proche collaboratrice d'Hillary Clinton, Huma Abedin. Mais le couple Clinton a également fait savoir qu'il ne prendrait pas position dans la course à la mairie, selon Politico.

L'arrivée d'Anthony Weiner n'en vient pas moins rebattre les cartes d'une campagne dans laquelle la démocrate Christine Quinn, 47 ans, présidente du conseil municipal, était jusqu'à présent considérée comme la mieux placée pour succéder à Michael Bloomberg, un milliardaire de 71 ans qui dirige la ville d'une main de fer depuis 11 ans.

Les élections primaires sont prévues le 10 septembre, et l'élection du maire le 5 novembre.

Douze candidats, sept démocrates et cinq républicains, sont en lice, dont certains font campagne depuis des mois.

bd/are

PLUS:afp