BIEN-ÊTRE

Valeria Bruni-Tedeschi : "La tragicomédie, le ton qui me fait le plus penser à la vie"

22/05/2013 07:45 EDT | Actualisé 22/07/2013 05:12 EDT

La réalisatrice Valeria Bruni-Tedeschi, seule femme en compétition à Cannes, explique dans un entretien avoir choisi le ton de la tragicomédie pour son film "Un château en Italie", car "c'est ce qui lui fait penser le plus à la vie", dans un entretien avec quelques journalistes dont l'AFP.

QUESTION : Le film est à la fois drôle et tragique pourquoi avoir choisi ce ton ?
REPONSE : "C'est une tragicomédie parce qu'en tant que spectatrice, c'est ce qui me plaît le plus et me fait le plus penser à la vie, et qui me donne de l'oxygène à la fois. De toucher la douleur, cela me fait du bien et en rire, cela me fait du bien. Le rire est un peu l'oxygène du film. Cela permet de parler du sida (le frère de Louise dans le film meurt de la maladie comme son frère dans la vie, ndlr) et de toutes les choses graves de la vie, de notre condition humaine qui est grave, misérable et tragique. Mais on en rit, on rit de nous-mêmes, alors on survit, on supporte tout cela."

Q : Vous vous entourez de proches pour tourner c'est plus rassurant ?
R : "Je travaille avec des gens qui ont beaucoup de talents. Noémie Lvovsky, qui est une grande scénariste, actrice et réalisatrice, Agnès de Sacy, une grande scénariste, Louis Garrel, un grand acteur, ma mère Marisa Borini, une grande actrice. Ensuite, il se trouve que ce sont des amis, le père de ma fille et ma mère. Mais c'est avant tout avec leur talent que je travaille (...) Je passe un appel quand même, un appel à tous les réalisateurs qui voudraient faire passer des essais à ma mère. Je suis même d'accord pour être son agent et sa coach !"

Q : Dans le film, la maternité est un sujet important. Une femme ne peut-elle se réaliser qu'en ayant des enfants ?
R : "Je ne dis pas du tout qu'il faut être mère pour se réaliser comme femme. Je ne veux pas qu'il y ait d'ambiguïté sur cela. Je déteste cette chose des journaux féminins qui disent le contraire. Pour Louise (héroïne interprétée par Valeria Bruni-Tedeschi), le fait d'avoir un enfant, c'est comme une espèce de réponse à l'angoisse de la mort de son frère, son envie d'enfant se réveille à l'approche de la mort, mais c'est aussi une façon de légitimer son histoire d'amour si fragile, de le rendre réel."

Propose recueillis par Dominique AGEORGES.


da/er