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USA: la Fed songe à ralentir son aide financière sans tour de vis prématuré

22/05/2013 06:00 EDT | Actualisé 22/07/2013 05:12 EDT

La Banque centrale américaine (Fed) veut éviter un tour de vis "prématuré" de sa politique monétaire ultra-accommodante mais se dit prête à ralentir les injections de liquidités dans l'économie si la croissance se raffermit, a indiqué mercredi son président, Ben Bernanke.

"Un resserrement prématuré de la politique monétaire (...) comporterait le risque substantiel de ralentir ou d'arrêter la reprise et causerait un plus fort recul de l'inflation", a indiqué le président de la Réserve Fédérale (Fed) devant la Commission économique jointe du Congrès.

La Bourse de New York, d'abord partie à la hausse, interprétant ces propos comme une poursuite du plan anticrise de la Fed mêlant un taux directeur proche de zéro et des rachats d'actifs, a fini la séance en retrait, le Dow Jones perdant 0,52%.

Car M. Bernanke a averti que si des taux bas "étaient maintenus ainsi trop longtemps, cela pourrait saper la stabilité financière" en encourageant les acteurs financiers, à la recherche de rendements, à prendre davantage de risques.

Questionné par les élus, il a ensuite affirmé que le rythme des rachats d'actifs, qui conduisent la Fed à injecter 85 milliards de dollars de liquidités chaque mois dans le système financier, pourrait être ralenti "au cours des prochaines réunions" du Comité monétaire de la Fed (FOMC).

"Tout changement dans le flux des achats dépendra des données publiées et de notre évaluation de l'évolution du marché de l'emploi et de l'inflation", a-t-il expliqué.

Selon les minutes de la réunion du Comité monétaire de début mai publiées mercredi, plusieurs membres du FMOC ont estimé qu'il faudrait "ajuster" ce volume de rachats dès la prochaine réunion de juin si d'ici là "il y a des signes évidents de croissance forte et soutenue".

La Fed a souligné que la croissance américaine avait continué de progresser à un "rythme modéré" (2,5% en rythme annualisé au premier trimestre). L'Europe fait toutefois peser des risques sur son évolution, selon ses minutes.

Le marché de l'emploi reste "faible" en dépit d'"améliorations". Le taux de chômage, en très lent recul, s'est situé à 7,5% en avril et, comme l'a souligné M. Bernanke, quelque 8 autres millions d'Américains travaillent à temps partiel "bien qu'ils préfèreraient avoir un travail à temps plein".

Il a estimé que, "dans les prochaines années", l'inflation devrait rester autour ou sous la barre des 2%, qui constitue l'objectif visé par la Fed pour promouvoir à la fois l'emploi et la stabilité des prix.

L'indice des prix aux Etats-Unis n'a progressé que de 1,1% en glissement annuel en avril et de 1,7% si l'on exclut les prix changeants de l'alimentation et de l'énergie.

M. Bernanke s'est félicité "des avantages substantiels" apportés à l'économie par la politique de la Fed. "Les taux d'intérêts bas ont aidé à soutenir les achats de biens durables comme les automobiles et contribué de façon importante à une reprise des ventes de logements", a-t-il indiqué.

M. Bernanke a de nouveau déploré les coupes budgétaires automatiques entrées en vigueur en mars mais aussi les augmentations d'impôts qui pourraient coûter au total 1,5 point de croissance en 2013.

"La politique monétaire n'a pas la capacité de compenser entièrement un obstacle de cette ampleur", a estimé M. Bernanke.

Interrogé par un élu sur le fait de savoir s'il était prêt à poursuivre un troisième mandat à la tête de la Réserve fédérale, M. Bernanke, dont l'actuelle présidence se termine le 31 janvier prochain, s'est abstenu de tout commentaire.

La prochaine réunion du Comité monétaire de la Fed (FOMC) est prévue les 18 et 19 juin.

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