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Toronto: Ford garde le silence, mais son frère dément les allégations de crack

22/05/2013 02:26 EDT | Actualisé 22/07/2013 05:12 EDT

TORONTO - Le plus fidèle allié du maire de Toronto a tenté de calmer la controverse entourant la consommation présumée de crack de son frère Rob Ford en citant les réalisations de ce dernier et en vilipendant les médias.

Le conseiller municipal Doug Ford a répété mercredi, lors d'une conférence de presse, que le premier magistrat de la Ville reine avait déjà répondu aux allégations qui plombent sa crédibilité depuis une semaine.

Le site Internet américain Gawker et le Toronto Star ont rapporté chacun de leur côté, jeudi dernier, qu'un revendeur de drogue tentait monnayer une vidéo dans laquelle on verrait Rob Ford fumer du crack.

«Rob me dit que ses histoires sont fausses, que les allégations sont ridicules. Et je le crois», a-t-il déclaré.

Il a défendu son frère en tant qu'homme «honnête et travaillant» qui s'était dédié au service des autres.

M. Ford a fait peu de déclarations qui auraient pu apaiser la grogne au sujet de la vidéo. Et il n'a pris aucune question à l'issue de son allocution.

«Je ne parle pas au nom du maire. La maire est mon frère. Je l'aime et il parlera pour lui-même», a-t-il insisté.

Lorsqu'un journaliste a ensuite lancé «quand», le conseiller municipal n'a pas répondu.

La maire Ford avait qualifié vendredi de campagne de dénigrement les allégations du Toronto Star, mais il n'a pas commenté davantage par la suite. Les journalistes tentent depuis d'obtenir plus de commentaires.

Dans la vidéo que des journalistes du site Gawker et du quotidien Toronto Star, le maire tiendrait aussi des propos homophobes et racistes.

Les deux médias affirment que leurs journalistes ont visionné la vidéo et qu'ils ont pris des notes sur son contenu, sans toutefois l'acheter.

Doug Ford a également exhorté les médias à arrêter de «harceler» les membres de sa famille, disant qu'un maire n'avait jamais été ciblé avec autant de zèle.

Il a aussi vertement critiqué Gawker, qui tente de récolter 200 000 $ en dons pour acheter la vidéo et la mettre en ligne. Mercredi après-midi, le site avait accumulé 110 000 $.

«Aux gens de chez Gawker: ce que vous faites est dégoûtant et moralement indigne. Donner des prix pour essayer de récolter de l'argent pour des vendeurs de drogues et bandits est honteux», a-t-il lancé.

Par ailleurs, la Commission scolaire catholique de Toronto a annoncé mercredi le renvoi de M. Ford comme entraîneur bénévole des Eagles de Don Bosco.

M. Ford, qui aurait émis des commentaires disgracieux à l'endroit des joueurs dans la vidéo présumée, a longtemps invoqué l'équipe comme symbole de son engagement auprès des autres.

La déclaration de la commission scolaire ne fait aucune référence aux allégations de consommation de crack entourant le maire.

Le texte indique simplement l'intention de la commission scolaire d'aller dans une «direction différente» avec un nouveau bénévole.

«Cette décision est basée sur ce qui est le mieux pour nos élèves, notre école et la communauté de Don Bosco», a déclaré le directeur Bruce Rodrigues.

La controverse à propos de la présumée vidéo de consommation de crack a attiré l'attention à l'échelle internationale, suscitant entre autres des segments humoristiques dans diverses émissions américaines de fin de soirée, qui s'en sont pris au maire Ford et à son image.

L'une de ces séquences, présentée mardi soir à l'émission «Jimmy Kimmel Live» mettait en vedette un acteur jouant le rôle de M. Ford, qui répondait à des questions à propos des reportages sur la vidéo en disant qu'«ils sont tous des menteurs pathologiques».

Le frère du maire, Doug, a attaqué le Star pour son «travail douteux», affirmant que le quotidien avait prouvé qu'il ne reculerait devant rien pour entraver l'ordre du jour du maire — une allégation que le journal a nié à répétition.

Les médias n'ont «aucune considération» pour ce qu'ils font à la famille Ford, a poursuivi le conseiller municipal, alors qu'il ignorait les questions des journalistes cherchant à connaître le moment où le premier magistrat s'adresserait au public.

«Jamais un politicien canadien ou sa famille n'ont été ciblés de cette façon par les médias», a asséné Doug Ford.

«Ils suivent ma mère, mon enfant — les journalistes se cachent dans les buissons à notre domicile, comme ils l'ont fait ce week-end.»

Les partisans, rivaux et plusieurs observateurs externes ont pressé le maire s'exprimer directement à propos des allégations, sans véritable résultat jusqu'à présent.

Selon le conseiller Ford, son frère est demeuré silencieux sur les conseils de sa famille et de ses avocats, et il avertira les médias s'il a quelque chose à dire.

La police a simplement indiqué qu'elle surveillait la situation.

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