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Procréation assistée : les médecins spécialistes veulent une réévaluation du programme

22/05/2013 01:28 EDT | Actualisé 21/07/2013 05:12 EDT

Les coûts du programme de procréation assistée doivent être réévalués et l'admissibilité doit être balisée, recommande la Fédération des médecins spécialistes, tandis que la Société québécoise de fertilité salue le succès du projet, une semaine après que le gouvernement québécois ait commandé un portrait du programme.

La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) évalue que le programme a coûté jusqu'ici près de 109 millions de dollars au Trésor québécois, mais que des économies de 15 millions de dollars auraient pu être réalisées si le gouvernement avait moins fait appel au privé lors du lancement du programme.

« Le gouvernement était tellement pressé de débuter le programme qu'il était prêt à payer le plein tarif au privé, ce à quoi la FMSQ s'est farouchement opposée », dit le président de la FMSQ, Gaétan Barrette.

« Nous pensons que des économies sont encore possibles et nous recommandons que les tarifs soient à nouveau évalués par le biais d'un audit indépendant. De plus, nous considérons que les établissements publics doivent être les premiers dispensateurs du programme et que le recours aux cliniques privées ne doit se faire qu'en cas de débordement. »

Les médecins spécialistes rappellent aussi qu'ils jugent nécessaire que le gouvernement fixe un âge limite au-delà duquel une femme ne pourrait se prévaloir du programme public « pour des raisons médicales ».

Les règles d'admissibilité doivent aussi être mises en place pour assurer la sécurité et l'épanouissement de l'enfant conçu dans le cadre du programme public de fécondation assistée, selon les médecins. Des règles strictes encadrent le processus d'adoption, fait valoir la FMSQ. « Pourquoi en serait-il autrement pour les personnes désirant se prévaloir du programme public - et gratuit - de procréation assistée? », demande-t-elle.

La FMSQ souhaite aussi la création d'un registre permettant de documenter les effets du programme et d'en suivre l'évolution.

La Société québécoise de fertilité et d'andrologie emballée

Outre le bilan de la FMSQ, un autre portrait du programme de procréation assistée a été présenté mercredi, cette fois par la Société québécoise de fertilité et d'andrologie (SQFA), qui parle au nom des professionnels du milieu de la fertilité et qui s'enthousiame de ses observations.

Alors que les médecins spécialistes affirment qu'il n'existe pas de chiffres sur la réduction du taux de grossesses multiples -- cause de plusieurs naissances prématurées -- la SQFA soutient que ce taux est passé de plus de 29 % à moins de 7 % depuis l'instauration du programme. Selon le regroupement, le Québec affiche désormais le taux de grossesse multiple le plus faible en Amérique.

Or, les bébés nés prématurément à cause de grossesses multiples sont plus à risque d'avoir des complications de santé et d'avoir des séquelles dont certaines sont permanentes, dit la SQFA. En ce sens, « les coûts associés au financement du programme québécois doivent être mis en parallèle avec les économies réalisées dans ce secteur qui contribuent donc au financement du programme québécois de procréation assistée », assure le regroupement.

« Alors que certains se permettent de critiquer ouvertement ce programme, il nous apparaît important de rétablir les faits et de réitérer notre fierté de cette belle réussite de collaboration entre le secteur privé et public pour le plus grand bien de la société québécoise », disent par voie de communiqué l'obstétricien-gynécologue François Bissonnette, directeur de la clinique Ovo, l'obstétricienne-gynécologue Camille Sylvestre, qui travaille au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine et à la clinique Ovo, et l'obstétricien-gynécologue Neal Mahutte, du Centre de fertilité de Montréal.

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