LONDRES - Une agression brutale survenue en plein jour mercredi près d'une caserne militaire de Londres a fait une victime et les deux suspects ont été hospitalisés après avoir échangé des coups de feu avec la police.

Le premier ministre britannique David Cameron a déclaré qu'il y avait de «fortes indications» que l'agression soit liée au terrorisme.

L'incident est survenu dans le quartier de Woolwich, au sud-est de Londres, à quelques pâtés de maison de la Caserne royale d'artillerie.

Un homme a été retrouvé mort sur les lieux et deux autres ont été atteints par les tirs des policiers et conduits dans deux hôpitaux différents, a confirmé le commandant Simon Letchford.

L'un des blessés repose dans un état critique, selon le service ambulancier de Londres.

Plusieurs armes, dont des couteaux de boucher, pouvaient être vus dans la rue maculée de sang.

Le président français François Hollande a, lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Cameron à Paris, dévoilé que la victime était un soldat britannique.

M. Cameron n'a pas immédiatement commenté cette affirmation, mais le ministère de la Défense britannique a indiqué qu'il menait une enquête urgente pour savoir si un soldat était mêlé à l'affaire.

Un réseau britannique a diffusé des images vidéo de ce qui semblait être un des agresseurs, ses mains couvertes de sang, faisant des déclarations politiques au sujet d'un «oeil pour oeil» à un caméraman non identifié.

L'Associated Press ne pouvait pas immédiatement vérifier qui était le caméraman.

La vidéo, obtenue par ITV news, montre un homme vêtu d'un manteau sombre et d'une tuque de laine. Il semble tenir un couperet de cuisine et des couteaux dans des mains ensanglantées.

S'exprimant en anglais avec un accent britannique, il s'est excusé aux passantes qui «avaient eu à être témoin» de son agression, ajoutant que «dans notre pays, nos femmes doivent voir la même chose».

Il n'a pas précisé de quel pays il s'agissait avant de rajouter: «nous devons les combattre comme ils se battent contre nous».

La caméra s'est ensuite détournée de l'homme pour faire un plan du corps derrière lui.

L'Associated Press a examiné la vidéo pour assurer son authenticité en la comparant à d'autres images du lieu.

M. Cameron a qualifié l'incident de «crime des plus épouvantables» et a déclaré qu'il y avait de «fortes indications» qu'il soit lié au terrorisme.

«Nous avons souffert de ces attaques auparavant, et nous les avons toujours combattues», a déclaré le premier ministre.

M. Cameron a écourté son voyage à Paris pour rentrer à Londres et son bureau a fait savoir qu'il présiderait une réunion du comité gouvernemental des urgences jeudi.

La caserne, qui accueille notamment des membres de l'artillerie royale et des grenadiers, était le site des épreuves de tir pendant les Jeux olympiques de Londres en 2012.

Fred Oyat, un homme âgé de 44 ans qui vit dans une tour d'habitation près du lieu du crime, a raconté comment il s'est précipité à la fenêtre après avoir entendu quatre coups de feu.

«J'ai vu un homme qui gisait, ensanglanté, et un autre couché sur le pavé à qui l'on enlevait son arme. Un troisième homme était un peu plus loin dans la rue, il saignait à profusion», a-t-il témoigné.

«Il y avait quatre couteaux par terre, de gros couteaux de cuisine. Les couteaux étaient ensanglantés», a ajouté le témoin.

La commission indépendante des plaintes de police, qui est appelée lorsque des policiers sont impliqués dans des fusillades, a confirmé qu'elle enquêtait sur l'affaire.