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Le marché de l'habitation ralentit sérieusement, prévient l'ACCHA

22/05/2013 03:01 EDT | Actualisé 22/07/2013 05:12 EDT

TORONTO - Le marché canadien de l'habitation est en train de ralentir sérieusement en ce qui a trait aux ventes et à la construction, plombant la croissance économique et mettant en péril quelque 150 000 emplois lors des années à venir, met en garde l'Association canadienne des conseillers hypothécaires accrédités (ACCHA) dans son rapport printanier.

L'ACCHA n'est pas allée jusqu'à qualifier d'effondrement la glissade qui a débuté il y a environ neuf mois, mais son dirigeant, Jim Murphy, a affirmé mercredi que les responsables des politiques devraient cesser de resserrer les règles sur les prêts hypothécaires et commencer à penser aux premiers acheteurs.

«Ils en ont assez fait en matière de modifications à la réglementation, et nous constatons un réel ralentissement du marché de l'habitation dans son ensemble. Le gouvernement voulait que cela arrive, mais la question est combien (...) et l'impact que cela a sur l'économie», a indiqué M. Murphy.

«Certaines personnes pensaient que le marché reprendrait (ce printemps). Il n'a pas repris», a-t-il ajouté.

M. Murphy a fait remarquer que son organisation n'avait jamais partagé la perception selon laquelle le Canada avait un problème de bulle immobilière. Mais toute préoccupation à ce sujet s'est envolée à la suite de l'intervention d'Ottawa, l'été dernier, afin de resserrer les règles sur les prêts hypothécaires, a-t-il poursuivi.

Depuis, la revente de logements a diminué de 8,3 pour cent et les mises en chantier, de 15 pour cent. Elles devraient chuter davantage, affirme l'ACCHA dans son document.

Néanmoins, près de la moitié des propriétaires canadiens ont l'intention d'acheter une propriété au cours des cinq prochaines années, malgré le ralentissement observé sur le marché de l'immobilier au pays, selon un rapport de la Banque de Montréal.

Dans son rapport sur la confiance dans le marché de l'immobilier, rendu public mercredi, l'institution bancaire indique que le résultat de 48 pour cent demeure en grande partie inchangé par rapport à l'automne 2012, ce qui démontre que la confiance continue d'être élevée dans le marché de l'immobilier.

Les données régionales apportent une lecture différente de la situation, précise cependant BMO.

Dans les grands centres urbains, les intentions d'acheter ont augmenté à Vancouver, tandis qu'à Calgary, elles ont chuté de 13 pour cent. Les intentions d'acheter dans la grande région de Toronto et à Montréal — à 59 pour cent — sont demeurées stables.

À l'échelle provinciale, c'est au dans les provinces de l'Atlantique que les intentions d'acheter ont augmenté le plus fortement, ayant fait un bond de 15 pour cent depuis l'automne.

Par ailleurs, dix pour cent des propriétaires prévoient faire l'achat d'une propriété de loisirs au cours des cinq prochaines années, ce qui représente une baisse de deux points de pourcentage par rapport à l'automne dernier.

Martin Nel, vice-président aux produits de crédit et de placement chez BMO Banque de Montréal, a affirmé que la «vigueur relative» du marché canadien de l'immobilier continuait de favoriser la confiance des propriétaires.

Les résultats du sondage de BMO, réalisé par la firme Pollara, reposent sur des entrevues effectuées en ligne auprès d'un échantillon de 1008 propriétaires canadiens, du 21 au 27 février. Un tel échantillon présente une marge d'erreur de plus ou moins 3,1 pour cent, 19 fois sur 20.

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