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Garderies privées: le gouvernement Marois demeure inflexible

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PAULINE MAROIS
PC

Le gouvernement Marois est demeuré inflexible mercredi sur ses exigences de compressions budgétaires malgré le mouvement de débrayage dans le réseau des garderies privées subventionnées.

Les 654 établissements privés _ subventionnés à hauteur de 436 millions $ cette année _ protestent contre les coupes de 14,9 millions $ que leur impose la ministre de la Famille, Nicole Léger.

En lieu et place des compressions, les garderies privées suggèrent à la ministre de redistribuer en leur faveur des places destinées au réseau des Centres de la petite enfance (CPE).

Devant l'impasse, nombre de garderies privées ont fermé leurs portes mercredi, laissant aux soins de leurs parents plusieurs dizaines de milliers d'enfants.

Une autre journée de fermeture est prévue le 30 mai.

Au cours d'une manifestation devant l'Assemblée nationale, la porte-parole du Rassemblement des garderies privées du Québec (RGPQ), Julie Plamondon, a soutenu que les entreprises de garde n'ont pas les moyens de respecter les demandes financières du gouvernement.

"Je voudrais bien, si je l'avais dans ma petite poche, mais je n'ai vraiment pas 14,9 millions $ à offrir à la société québécoise", a-t-elle dit aux côtés des quelques dizaines de personnes venues manifester pour la cause de ces établissements.

La ministre de la Famille est toutefois demeurée sur ses positions. Elle s'est dit prête à envisager des "aménagements" mais garde le cap sur les compressions.

"S'ils veulent me contacter, le dialogue est toujours ouvert. C'est toujours à hauteur de 14,9 millions $. S'ils veulent faire des aménagements différents, je suis ouverte", a signifié Mme Léger lors d'un point de presse.

La ministre a prévenu les garderies privées qu'elles devront "faire leur part" de l'effort budgétaire, comme l'ont fait les CPE avec lesquels le gouvernement a conclu une entente.

"Les CPE le font, les garderies privées qui sont aussi des partenaires importants, si on veut être équitables, doivent aussi faire leur part. Je leur demande de faire leur part encore une fois. On a des services à rendre aux parents du Québec", a-t-elle lancé.

Entretemps, Mme Léger a mis à exécution sa menace d'imposer des sanctions: les établissements qui n'ont pas offert les services mercredi devront éponger une ponction moyenne de 3750 $.

Le montant sera augmenté à 4375 $ pour une deuxième journée de fermeture et 5000 $ pour une troisième.

La pénalité cumule des coupes de la subvention quotidienne et de la subvention de fonctionnement annuelle.

Les garderies privées subventionnées ont l'obligation contractuelle "d'offrir des services aux parents et aux enfants", a justifié la première ministre Pauline Marois.

"Elles ont un contrat et elles doivent le respecter", a-t-elle averti, en Chambre.

S'appuyant sur leur interprétation du nombre de jours de congé permis prévus à leur contrat, les garderies privées ont déjà fait savoir qu'elles contesteront les sanctions de l'État.

Du côté de l'opposition, la députée libérale Danielle St-Amand a pris la défense des parents "de 40 000 enfants" qui "se sont rivés le nez aux portes de leur service de garde ce matin (mercredi)".

Pendant la période des questions, elle a pressé la ministre Léger de rétablir le dialogue plutôt que "d'envoyer des inspecteurs" constater les infractions dans les établissements.

"Elle leur a envoyé des inspecteurs ce matin dans leurs garderies. (...) Elle ne les écoute pas, elle sort le bâton", a dénoncé l'élue de Trois-Rivières.

Quant à lui, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a demandé au gouvernement d'inscrire les garderies dans la liste des services essentiels protégés par la loi.

"Ce qui est inacceptable, c'est de prendre en otage les parents. Et je pense qu'on va tous être d'accord pour dire que, dans le Québec de 2013, c'est maintenant un service essentiel", a soulevé le leader de la CAQ.

La proposition pourra être évaluée une fois que l'ensemble du réseau des services de garde sera déployé, a répliqué la première ministre.

"Je ne peux pas parler aujourd'hui de services essentiels s'il n'y a pas de places disponibles pour tous les enfants qui en ont besoin. Une fois que ce sera fait, on regardera la situation et peut-être que c'est une avenue qu'on pourra envisager", a dit Mme Marois.

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