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Crise du Sénat : Thomas Mulcair réclame tous les documents

22/05/2013 04:35 EDT | Actualisé 21/07/2013 05:12 EDT

Le chef de l'opposition officielle à Ottawa, Thomas Mulcair, réclame que le premier ministre Stephen Harper divulgue tous les documents reliés au paiement de 90 000 $ effectué par son ancien chef de cabinet dans la désormais célèbre affaire Wright-Duffy.

L'ancien chef de cabinet de M. Harper, Nigel Wright, a fait un chèque personnel de 90 000 $ à l'ancien sénateur conservateur Mike Duffy pour permettre à ce dernier de rembourser des allocations de résidence réclamées à tort.

M. Mulcair soutient que les excuses et les explications données par le premier ministre Harper depuis l'éclatement du scandale sont insatisfaisantes et qu'il est temps pour lui de révéler tous les faits. « Je veux entendre Stephen Harper dire qu'il mettra tous les documents sur la table », a déclaré M. Mulcair au cours d'une conférence de presse.

Il accuse le premier ministre de se cacher dans les Andes, en Amérique du Sud, plutôt que de faire face à la population canadienne qui demande des réponses à ses questions dans le cadre du scandale du Sénat. M. Harper est en déplacement au Pérou dans le cadre d'une mission économique.

Le gouvernement interpellé aux Communes

Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, a de son côté soulevé un fait nouveau en Chambre. « Un courriel, daté du 20 février 2013, qui est bien réel, décrit cette entente secrète, et est maintenant en la possession du bureau du premier ministre. Le gouvernement s'engage-t-il à publier cette information et tout autre courriel ou document sous forme électronique ou autre ayant rapport à l'entente secrète entre le bureau du premier ministre et leur ami, le sénateur Duffy », a-t-il demandé.

Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a insisté quant à lui sur le rôle de la commissaire à l'éthique de la Chambre des communes. « C'est ce gouvernement qui a proposé un projet de loi pour avoir un conseiller indépendant à l'éthique. Nous avons toujours travaillé et assisté activement cette personne dans son travail et nous allons continuer à le faire », a-t-il dit.

Le sénateur Duffy a publié un communiqué mercredi, dans lequel il affirme que les Canadiens méritent d'avoir tous les faits. Il dit être convaincu qu'lis concluront, comme la firme Deloitte l'a déjà fait, qu'il n'a rien fait qui mérite d'être critiqué et qu'il collaborera avec les futurs travaux du comité de la régie interne du Sénat.

Retour au comité de révision

Ces réactions interviennent au moment où plusieurs instances de révision tentent de faire la lumière sur le scandale. Pendant que la commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique confirme qu'elle enquête sur la participation de l'ex-chef de cabinet de Stephen Harper dans le remboursement des dépenses du sénateur Mike Duffy, le Sénat a décidé de renvoyer le rapport des dépenses de Mike Duffy devant le comité de révision pour une deuxième évaluation. À ces deux examens, il faut ajouter l'enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et le comité sénatorial pour l'éthique.

Les sénateurs ont débattu mardi soir de la manière dont ils devaient gérer la crise qui sévit au Sénat depuis les révélations sur des dépenses injustifiées des sénateurs Mike Duffy, Patrick Brazeau et Mac Harb. Les sénateurs devaient décider mardi à quel moment envoyer le dossier à la GRC. Ils ont débattu de cette question jusqu'à très tard avant de conclure qu'ils renverraient le dossier au comité de révision avant de l'envoyer à la police.

Le scandale

Mike Duffy a quitté le caucus conservateur la semaine dernière, pour siéger comme indépendant, à la suite d'un rapport indépendant de la firme de vérification Deloitte, qui remettait en question ses réclamations ainsi que celle de M. Harb et de M. Brazeau.

Mike Duffy, mais également Patrick Brazeau, nommé par Stephen Harper, et Marc Harb, un sénateur libéral, ont déclaré leurs résidences d'Ottawa comme étant secondaires et ont ainsi obtenu des allocations de plusieurs milliers de dollars par année. Mais l'existence de leur résidence principale à l'extérieur d'Ottawa dans les régions qu'ils représentent est mise en doute.

De plus, la sénatrice Pamela Wallin a quitté vendredi dernier les rangs conservateurs pour une histoire semblable de réclamations de dépenses douteuses.

Dans la tourmente politique générée par ces irrégularités et la démission de son chef de cabinet, Nigel Wright, Stephen Harper a tenu mardi à s'adresser publiquement à ses députés, ce qui est rare venant du premier ministre.

M. Harper a souligné les efforts de son gouvernement pour resserrer les règles d'imputabilité des élus et des employés des ministères de même que la réduction des dépenses de déplacement des élus. Il a rappelé que son gouvernement avait pris les rênes du pouvoir en 2006 afin d'assainir le milieu politique à la suite du scandale des commandites.

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