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Sénateurs fraudeurs : Harper tente de calmer la grogne

21/05/2013 11:40 EDT | Actualisé 21/07/2013 05:12 EDT

Un texte de Yanick Cyr

Dans la tourmente politique générée par les irrégularités des allocations de résidence de sénateurs et la démission de son chef de cabinet Nigel Wright, le premier ministre du Canada Stephen Harper a tenu à s'adresser publiquement à ses députés.

« Quiconque veut utiliser une charge publique pour son propre bénéfice devrait changer de plan ou, encore mieux, quitter cette salle », a déclaré M. Harper devant les députés du Parti conservateur à l'entrée du caucus de mardi.

Le clan conservateur est aux prises avec un scandale de dépenses qui auraient été réclamées sans droit par des sénateurs conservateurs. Avant le discours de M. Harper, le sénateur Jacques Demers a menacé de démissionner en raison de ces révélations.

M. Harper a souligné les efforts de son gouvernement pour resserrer les règles d'imputabilité des élus et des employés des ministères de même que la réduction des dépenses de déplacement des élus. Il a rappelé que son gouvernement avait pris les rênes du pouvoir en 2006 afin d'assainir le milieu politique à la suite du scandale des commandites.

« Notre loi fédérale sur la responsabilité est la loi en matière de responsabilité la plus sévère de l'histoire de notre pays [et elle] a changé à jamais la façon de faire à Ottawa », a déclaré le premier ministre. Il a néanmoins ajouté que les règles encadrant les dépenses des sénateurs seraient resserrées.

Le premier ministre Harper a saisi l'occasion pour dévier les critiques dirigées contre son gouvernement vers le débat sur la réforme du Sénat. Utilisant les irrégularités dans les réclamations d'allocations de résidence des sénateurs - qui ont entraîné le départ du caucus conservateur du sénateur Mike Duffy - il a indiqué que l'opposition s'oppose aux réformes du Sénat que son parti propose.

« C'est notre parti qui a mis de l'avant la réforme du Sénat », a rappelé M. Harper. Il a souligné que tant les néo-démocrates que les libéraux s'étaient opposés aux propositions de réformes qui auraient limité les mandats des sénateurs en plus de soumettre la fonction au choix des électeurs.

M. Harper a rappelé qu'il a demandé un avis de la Cour suprême afin de déterminer si le Parlement pouvait procéder à des réformes du Sénat sans rouvrir la Constitution du pays. La cause devrait être entendue à l'automne et l'avis devrait être publié dans les mois suivants.

Le premier ministre a conclu son discours en déclarant que les Canadiens souhaitaient être protégés par le gouvernement. « Les Canadiens ont besoin de nous pour protéger leurs emplois, leurs familles et leurs communautés », a soutenu M. Harper en invitant ses députés à retourner travailler en ce sens.

Les sénateurs Mike Duffy et Pamela Wallin ont quitté le caucus conservateur la semaine dernière avant que le chef de cabinet du premier ministre, Nigel Wright, soit forcé de démissionner pour avoir donné 90 000 $ au sénateur Duffy pour qu'il rembourse des allocations auxquelles il n'avait pas droit.

Le Nouveau Parti démocratique a réclamé une enquête de la Gendrarmerie royale du Canada pour faire la lumière sur l'affaire Wright-Duffy.

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