NOUVELLES

Scandale des dépenses au Sénat: le dossier de Duffy renvoyé au comité interne

21/05/2013 10:55 EDT | Actualisé 21/07/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Les sénateurs conservateurs ont confié le controversé dossier du sénateur Mike Duffy au même comité à huis clos qui l'avait initialement révisé, rejetant une proposition des sénateurs libéraux de référer l'affaire directement aux autorités policières.

Le leader des libéraux au Sénat, James Cowan, a fait valoir tard mardi soir que le comité sénatorial interne avait perdu de sa crédibilité auprès des Canadiens et que les policiers devaient prendre le relais.

Il a affirmé que ses collègues conservateurs avaient tenté d'étouffer le rapport préliminaire portant sur les allocations de logement injustement réclamées par Mike Duffy.

Et selon lui, les conclusions de ce rapport sont douteuses depuis qu'il a été découvert que l'ancien chef de cabinet du premier ministre Harper, Nigel Wright, a offert une somme de 90 000 $ au sénateur Mike Duffy afin de rembourser les allocations en question.

Mais le président du Sénat, Noël Kinsella, a jugé que la suggestion de son collègue était irrecevable, insistant sur le fait que le comité pourrait toujours référer l'affaire aux autorités policières par la suite.

Les sénateurs libéraux tentent également d'explorer une autre voie. Ils ont demandé mardi la tenue d'audiences extraordinaires au Parlement dans l'espoir de forcer le témoignage de l'ancien bras droit du premier ministre et d'autres personnes impliquées dans ce scandale.

Car selon le sénateur James Cowan, le bureau de Stephen Harper a violé les sacro-saints privilèges parlementaires, et il pourrait bien s'agir là d'un outrage au Parlement.

Après avoir reçu le versement de l'ex-chef de cabinet, Mike Duffy avait cessé de collaborer à une enquête sénatoriale entourant ses dépenses.

L'exécutif s'est ainsi ingéré dans les procédures du comité sénatorial en charge d'étudier les dépenses de M. Duffy, a suggéré M. Cowan.

Le leader adjoint des conservateurs au Sénat, Claude Carignan, estime pour sa part que les privilèges du Sénat n'ont pas été violés.

Il juge que l'enquête du conseiller sénatorial en éthique et de la commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique suffiront à faire la lumière.

PLUS:pc