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La tornade de Moore aux Etats-Unis particulièrement puissante

21/05/2013 10:56 EDT | Actualisé 21/07/2013 05:12 EDT

Les tornades sont courantes dans les grandes plaines des Etats-Unis, mais celle qui a semé la mort et la destruction lundi dans une banlieue d'Oklahoma City (sud) se distingue par sa violence et surtout parce qu'elle a touché une ville, soulignent des spécialistes.

"Au niveau de gravité, elle est au sommet", a commenté auprès de l'AFP Jean-Marie Carrière, directeur de la prévision à Météo-France.

"De là à dire que c'est une surprise, malheureusement non, parce que c'est un phénomène relativement régulier aux Etats-Unis", a-t-il poursuivi. La plupart des tornades se produisent dans les Etats des grandes plaines: Texas, Oklahoma, Kansas...

Avec 1.200 tornades en moyenne par an, les Etats-Unis sont le pays qui connaît la plus grande fréquence de ce phénomène météorologique dans le monde, selon l'agence nationale océanographique et atmosphérique américaine (NOAA).

Outre les Etats-Unis, les deux autres zones connaissant la plus grande concentration de tornades sont l'Argentine et le Banglasdesh, précise l'agence.

La tornade qui a ravagé Moore, dans la banlieue sud d'Oklahoma City, a été classée EF-4 sur l'échelle de grandeur des tornades, qui va de 0 à 5, soit une vitesse de vents entre 260 et 320 km/h. "Seulement 2% des tornades aux Etats-Unis atteignent ce niveau", a souligné Andrew Barrett, météorologue à l'Université de Reading (Royaume-Uni).

La tornade de Moore faisait à son plus fort jusqu'à trois kilomètres de large. "C'est assez exceptionnel. On est vraiment dans un phénomène puissant", a relevé M. Carrière.

Comble de malchance, elle a frappé une ville, un phénomène heureusement beaucoup plus rare que les tornades elle-mêmes.

Les grandes plaines américaines sont des zones plus propices aux orages, "donc statistiquement plus propices à l'apparition des tornades", a expliqué M. Carrière. Les tornades sont en effet toujours associées à des phénomènes orageux très violents, appelés "orages super-cellulaires" par les météorologues.

C'est un phénomène complexe qui fait encore l'objet de recherches. Car si on connaît bien le contexte dans lequel peuvent naître les tornades, en particulier la présence de "cisaillements de vents" qui entraînent la formation d'un tourbillon, elles restent difficiles à prévoir avec précision. "Il y a des cas où tous les ingrédients sont réunis et elles ne se produisent pas", a souligné M. Carrière.

Fréquent aux Etats-Unis, le phénomène existe aussi en Europe. Une centaine de tornades se produiraient ainsi chaque année en France, l'écrasante majorité appartenant à la catégorie la plus faible, avec des vents ne dépassant pas une centaine de kilomètres à l'heure.

Mais des tornades de niveau EF-4 ou EF-5 se sont déjà produites dans l'Hexagone: à Montville (Seine-Maritime), le 19 août 1845 (70 morts), ou encore à Paluel (Pas-de-Calais), le 24 juin 1967 (7 morts).

En revanche, "rien ne permet d'affirmer que les tornades deviennent plus fréquentes ou plus graves", a assuré Ross Reynolds (Université de Reading). "Il y a une grande variation d'une année à l'autre, parce que le temps varie d'une année sur l'autre", a-t-il ajouté.

Les spécialistes estiment également qu'il est "très difficile" de dire si le changement climatique peut accroître la survenue ou la puissance des tornades.

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